Monday, January 5, 2009

Noël

C’est bien connu, dans le temps de Noël, Hollywood sort ses gros canons oscarisables pour le bien de l’humanité et pour que les âmes ésseulés puissent trouver du réconfort dans une salle de cinéma lorsqu’ils sont seul pour le réveillon.
Une chose est sûre, c’est que l’on est pas seul dans une salle de cinéma le 24 ou le 25 décembre, ce qui est un énorme soulagement. Par contre on se retrouve souvent avec des filles qui amènent leur vieux papa voir un film que Maxime Demers à qualifié de "fantastique" en copiant/collant un extrait du dossier de presse ou des gens bizarre comme le type qui a voulu me prendre en photo avec l’affiche annonçant que les biscuit coutait 3,99$ la livre. « C’est une très bonne aubaine » me dit-il, « Je dois la prendre en photo. » Cet événement est arrivé tout de suite après qu’il m’ait dit que si ce n’était pas Noël, il aurait « casser la gueule » au préposé car celui-ci prenait un peu trop de temps à son goût pour faire cuire mon pretzel. Vive Noël!

BABINE
Film de Luc Picard où celui-ci s’est donné le rôle principal, par chance il joue bien, adaptée d’un roman ou une nouvelle ou un conte de Fred Pellerin. N’ayant jamais vu, bu, entendu ou sentie Pellerin de ma vie, je ne peux malheureusement pas comparer son œuvre à celle que Picard à créé pour le 7e Art. Par contre, je peux dire qu’un élément manque dans sa transposition à l’écran. Comme si la magie ou le côté plus « conteur » était absent ce qui donne pour résultat que le film est inégal dans son jeu, dans son ton et dans son rythme. Arrivé à la fin où Picard nous explique le bien de se raconter des histoire en amenant les acteurs hors de leur contexte filmique reste un énigme quant à ses intentions : prétentieux? trop explicatif? hommage? Difficile à saisir. Il n’en demeure pas moins que grâce aux interprétations de Picard lui-même Marie Gignac (peut-elle jouer faux?) et René-Richard Cyr, on y croit un peu à cette histoire, on y trouve un certain plaisir et on peut sentir le plaisir qu’ils ont eus à faire le film. Pas un grand film mais ça nous change de…

LE GRAND DÉPART
Autre film québécois sortie en fin d’année pour plaire au grand public. Tout comme le film de Picard, on se fit à l’amour du public pour Pellerin et Picard pour Babine alors qu’ici on se fit à l’amour du public pour Marc Messier (toujours aussi mauvais) et Claude Meunier pour trouver un public. Meunier qui semble vouloir se sortir de La Petite vie, se fait de plus en plus rare. Gêne? Peur? Avec l’acceuil de Détective Inc, défunte série télé qui fut foudroyer à mort après 5 minutes d’antenne, Meunier, j’imagine, choisi de se faire plus discret ayant peur de perdre son status d’homme drôle ou de scénariste comique. Il préfère ne pas surfer sur la vague de La Petite vie et nous donne quelque chose de plus réaliste où le public vendu d’avance, rie de bon cœur à la moindre blague, à la moindre réplique même si Le Grand départ est de loin le truc le moins drôle depuis…Détective Inc. Ce n’est pas que Meunier soit mauvais derrière la caméra, c’est que son humour est devenu désuet. Même si son sujet est actuel, on ne comprend jamais le partie pris de Meunier sauf à la toute fin, et même là, le personnage joué par Messier ne m’a pas sembler emballé de poursuivre sa vie avec une femme plus jeune qu’il aime et de qui il a eu des enfant qu’ils tient dans ses bras avec un peu de dégoût. Hélène Bourgeois-Leclerc brille dans son rôle de jeune artiste s’amourachant d’un homme marié de 25 son ainé mais tout les autres personnages sont tellement antipathique que l’on se fout royalement d’eux, de leur sort, de leur choix, de leur dillème moral. Toute les situations sont clichés et traité avec le plus d’humour douteux possible. On ne sait trop où Meunier veut en venir, est-ce drôle?, est-ce dramatique? Est-ce drômatique? Certaines scènes sont embarassantes tellement elles sont passés, désuètes, temporellement insultantes. Comme par exemple la scène où Messier explique à son collègue Rémy Girard(acteur connu, vous connaissez?) qu’il quitte sa femme et où Girard se fâche quant à la lâcheté de son ami, voisin et collègue. S’en suit des quiproquos, la scène à lieu dans un restaurant, où les clients assis aux tables autours croient être témoin d’une rupture entre un couple homosexuel. La scène est tellement embarassante, elle est bien écrite certe, mais elle aurait été actuelle en 1995. Tout du film est dépassé, comme si Meunier vivait dans une autre époque, l’époque où il faisait encore rire la masse.

YES MAN
Un autre qui fut drôle mais qui maintenant s’embarasse chaque fois qu’il s’essaye à la comédie, Jim Carrey. Yes man est de loin le truc le moins drôle partant d’une prémise qui laissait présager tout le contraire. Un peu comme Liar, Liar, cette fois Carrey joue un homme pessimiste et intransigeant, n’aimant rien et se cherchant toujours des défaites pour ne pas assister aux beuveries de ses amis ou autres évènements amusant qui ferait de sa vie quelque chose de moins monotone. Jusqu’au jour où il décide de dire "oui" à tout. Tout cela semble bien amusant mais écrit par trois scénaristes qui n’ont visiblement rien en commun et qui ont dû prendre le ralais l’un de l’autre sans nécéssairement lire ce que le scénariste avant lui avait écrit, le film enchaine humour extrêmement douteux, même pour un film de Jim Carrey, une histoire d’amour vraiment difficile à croire et des quiproquos qui aurait pu être drôle mais qui sortent de nulle part puisque mélangé aux codes de la comédie romantique, que le film n’est pas, et ne mettant jamais l’emphase sur les actions de Jim Carrey, tombent finalement à plat. Le film hésite et se cherche entre la comédie romantique assez banale, l’humour puéril qui découle de situation de façon inoriginale et le film plus sérieux où la morale l’emporterais sur la comédie. Heureusement la morale est sauve et on y retire un certain soulagement et une remise en question quant au côté monotone de notre existence et je crois que si le film avait gardé cette tangente tout en la saupoudrant d’humour inventif tout ça aurait pu être touchant et drôle, alors qu’ici le mélange est un énorme foutoir qui ne fait pas rire.
On ne croit jamais à l’amitié qui uni Carrey et ses deux compatriotes ni à l’histoire d’amour entre un Carrey de 45 ans qui semble jouer un personnage de 35 ans si on se fie à l’âge de ses amis, et Zoey Deschanel qui doit avoir 28 ans.
Deschanel est le rayon de lumière dans ce film. Elle est, comme toujours, d’une très grande beauté avec ses ÉNÔÔÔÔRMES yeux bleus et ses vêtements tout droit sortie d’un bazar des années 1960. Zoey Deschanel est la seule femme que je voudrais épouser, à part bien sûr Mélina Schoenborn. Lorsque qu’elle rencontre Jim Carrey dans le film, elle l’aide à se rendre à sa voiture et l’embrasse sur la bouche avant de quitter, elle le revoie plus tard et comme elle ne connait pas son nom, en le voyant elle s’exclame : Oh! Out-of-gas-make-up-guy! Comment résister à autant de charme!


THE WRESTLER
Darren Aronofsky nous avait habitué à plus stylé, plus complexe, à plus intense que ce Wrestler, film intimiste portant sur les derniers jours d’un lutteur professionnel sur le déclin mais qui garde néanmoins l’amour de son boulôt et de ses fans. On a beaucoup parlé du retour de Robert Downey Jr cette année comme quoi il est un grand acteur qu’on avait oublié. Ses rôles dans Iron Man et Tropic Thunder l’ont rendu sympathique aux yeux du public et ont fait oublier ses déboires passés. Downey Jr. à toujours été un grand acteur talentueux et son retour il l’a fait avec Ally McBeal il y a quelques années. Le vrai retour de 2008 est bien celui de Mickey Rourke. Après avoir été la belle gueule des années 1980, un bad boy qui frayait la manchete pour sa relation destructrice avec Carré Otis et un acteur talentueux, il quitta le cinéma pour une carrière de pugiliste qui le laissa défigurer. Il revint au cinéma au milieu des années 1990 avec des rôles de voyous et gangsters dans des productions de serie B et ses soirées arrosées avec Jean-Claude Van Damme et Dennis Rodman faisaient plus parler de lui que ses films. Tony Scott, Ridley Scott et Robert Rodriguez ont cru en lui, et il obtint plusieurs rôles dans leur film. Jusqu’à ce que Aronofsky lui donne le role de sa vie avec ce Wrestler. On parle ici d’un énorme retour. C’est qu’on avait oublier jusqu’à quel point Rourke pouvait jouer et être charismatique. On parle ici d’un vrai retour dans un film où il est difficile de ne pas faire de parallèles entre son personnage et sa vie d’acteur déchu. Ce qui rend sa performance encore plus touchante. L’homme à l’amour du cinéma et jamais il nous l’a autant fait sentir que dans ce film. Bien sûr il n’y a rien de nouveau dans cette histoire de rédemption qui a comme trâme de fond les dessous du monde de la lutte professionnel. Mais ce qui rend le film si incroyable c’est justement la justesse de ton, la mise en scène minimaliste et délicate, cette caméra qui suit Rourke sans arrêt qui lui colle au cul nous le rendant vulnérable mais ô combien sympathique. Rourke mérite un oscar pour sa performance. Marisa Tomei joue de façon réaliste, sans jamais tomber dans le cliché facile son rôle de danseuse nue au cœur d’or. Aronofsky nous surprend encore et son The Wrestler demeure le film le plus intéressant du temps des fêtes.

SEVEN POUNDS
Qui dit temps des fêtes, dit film avec Will Smith. Ou plutôt drame avec Will Smith. L’acteur retourne derrière la caméra de Gabriele Muccino pour la deuxième fois mais cette fois pour un film bien meilleur que leur précédente collaboration. Il y a un énorme mystère autour de ce film car on ne veut révéler la fin. Le problème c’est que même si le film est bien écrit, la première scène du film nous dévoile en entrée de jeu, la direction que prendra le film laissant le mystère derrière lui avant même le générique d’ouverture. C’est du côté du montage que le film est maladroit car cette scène d’ouverture, bien qu’elle donne le ton en plus de nous rendre encore plus confus les actes du personnage joué par Smith, n’est pas nécéssaire au départ d’autant plus qu’on la revoit par la suite. Si on veut préserver un mystère autour d’un film il faut que la narration ainsi que son montage soit d’une justesse incroyable sinon on télégraphie ce qu’on ne veut surtout pas et le spectateur arrête de se poser des questions en plein milieu du film. Heureusement ici il n’y a pas la prétention d’un M. Night Shyamalan, le film aurait très bien plus se jouer autrement, sans ce sens du punch, et le drame aurait été aussi intéressant sans être aussi prenant. En rendant le tout de façon mystérieuse, le film prend un côté dramatique beaucoup plus intense. Il n’y a que la scène d’ouverture, maladresse de la part de Muccino et la scène du flashback explicative et quelque peu inutile qui donne au film ses faiblesses. J’imagine qu’Hollywood et ses producteurs véreux sont venu y mettre de leur sien car tout le reste du film respire une sensibilité européene que l’on n’a pas vu dans un drame hollywoodien depuis fort longtemps. Peut-être que Muccino, le roi du drame italien, finira par nous donner quelque chose de très bon la prochaine fois. Pour son deuxième film américain, il s’en sort plutôt bien.

THE CURIOUS CASE OF BENJAMIN BUTTON
David Fincher est devenu avec quelques films, un des meilleurs cinéastes américains de sa génération. Ayant plutôt tâté le terrain de la science-fiction (Alien3), du tueur en série (Seven, Zodiac), du thriller hi-tech(The Game, Panic Room) et du film coup de poing-anarchiste (Fight Club), il est plutôt surprenant de la voir derrière la caméra de ce drame épique, cette histoire d’amour à travers le 20e siècle où un Brad Pitt vieilli à l’envers. Un peu comme le Titanic de James Cameron où, le sens technique et le spectaculaire côtoyaient une histoire d’amour assez fade et clichée. C’est un peu le même sentiment qui resort de ce Benjamin Button, mis à part la reconstitution historique, certaines scènes visuellement incroyables et des acteurs qui jouent bien, rien dans le film n’est bien prenant. Le petit côté naif est extrêmement agaçant mais il permet de donner une dose d’humour qui n’a souvent pas ça place sauf celle de passer le temps et de rendre les 167 minutes que dure le film moins longue mais surtout moins prétentieuse. Le film est bourré de petits « proverbes » ou « pensées » sur la vie ditent de façon moralisatrice rose-bonbon à la Forrest Gump et la réflexion que le film pose sur la mort et le temps qu’il reste se trouve, finalement, greffé au récit de manière artificielle. Le spectateur ne s’ennuie pas mais il n’y croit pas non plus. L’histoire d’amour n’est jamais prenante, juste remplie de petits obstacles typiques qui finissent par lasser au point où on en rit. À la toute fin lorsque Brad Pitt rajeunie rapidement on évite toute logique et on se marre devant le maquillage ridicule de Cate Blanchett. On tourne les coins ronds et Fincher oublie les raisons pour lesquelles il voulait son film touchant et il en oublie même de créer un certain rapport sur la fraglité de la vie et l’éphémérité du temps. On finit avec cette morale un peu niais du genre : Il faut profiter de la vie au maximum!. Alors on fera comme Benjamin Button et on abandonnera notre famille et on ira aux putes.

SLUMDOG MILLIONAIRE
Danny Boyle nous amène toujours là où on l’attend le moins mais le plus extraordinaire c’est qu’il nous livre des films jamais parfaits mais toujours incroyablements bien maîtrisés. Depuis qu’il s’est fait chier à hollywood après les insuccès de A Life Less Ordinary et The Beach et qu’il a découvert les joies de filmer en numérique, Boyle ne cesse de nous impressioner. Slumdog Millionaire est son meilleur film à ce jour en plus d’être l’un des meilleur de l’année. On y suit le parcours de Jamal qui est sur la voie de devenir le champion à l’émission Who wants To Be a Millionaire à Dubai. A-t-il triché ou est-il simplement un petit génie? Le film raconte donc en flashback le cheminement de vie de Jamal et son frère Salim dans les rues de Dubai, du meurtre de sa mère à sa confrontation avec des voleurs d’enfants, son amitié avec l’amour de sa vie Latika et sa séparation douloureuse avec son frère devenue petit truand pour la pègre. Toutes les réponses aux question de l’émission se trouve quelque part dans sa vie passé. Raconté de façon assez dure, assez brutale, n’épargnant jamais de détails sordides de la vie, le film n’en demeure pas moins un véritable récit optimiste sur la rédemption, la loyauté, l’amour et le destin. Joué de façon magistral par Dev Patel dans le role de Jamal où jamais on ne le voit baisser les bras et abandonner son idée première de revoir l’amour de sa vie. On remercie Boyle de nous offrir ce film qui a probablement eu 1/8 du budget de Benjamin Button et de nous l’offrir sans nous faire la morale sur la dureté de la vie et surtout sans la naiveté du film de Fincher ou d’un autre Forrest Gump irritant.


On peut donc dire que la sélection 2008 du temps des fêtes est plutôt sous la moyenne. On devra attendre la sortie nationale de Gran Torino et Revolutionary Road pour s’en faire une meilleure idée. On peut aussi attendre la sortie de My Bloody Valentine 3-D.

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