Tuesday, February 20, 2018

Réflexions sur de la cinématographication


The Vilainess : Projeté avec fanfares et trompettes comme étant un génial film d’action rempli de scènes à haut voltige et de plein de etc pis toute… Finalement The Vilainess est un film extrêmement mauvais. Genre de mauvais faux remake de Nikita, l’histoire est, comme n’importe quel film d’action moderne qui se prend au sérieux, extrêmement compliqué pour rien. Rien ne tient vraiment la route avec des personnages qui changent d’idée ou de camp ou de motivations à mesure que le film avance. On mélange présent et flashbacks pour bien nous faire comprendre les subtilités inexistantes d’un film dont on ne veut que voir les scènes d’action parce que quand un film du genre nous endort avec ses multiples revirements de situations inintéressants, on veut voir du sang. Mais même au niveau de l’action le film déçoit. D’un point de vue technique c’est semi-bien parce qu’on comprend le challenge d’un plan séquence en POV ou d’une poursuite en motos avec caméra virevoltante, mais si on regarde un peu, tout est extrêmement foireux au point de nous faire oublier le film et de nous accrocher à la technique semi-déficiente. La poursuite en moto est en accéléré comme si on écoutait Benny Hill et la caméra virevolte de façon tellement n’importe comment qu’au delà de l’idée de vouloir donner un sens de rapidité à la scène, on a l’impression d’une semi-réussite d’idée de cégepien plutôt qu’un vrai technicien acharné à sa scène d’action. La scène d’ouverture est également plus déficiente que spectaculaire. Le POV de l’assassin dans un long corridor où l’espace, le lieu et le temps cessent de fonctionner par manque de compréhension cinématographique peut donner des wet dreams aux gens qui trippent violence gratuite mais elle finit par lasser assez rapidement puisqu’on ne comprend rien de ce qu’il s’y passe. On a l'impression de voir une version film du jeu Wolfenstein avec des personnages en 2D (en 2D! Crisse!) qui meurent. Les changements de transitions pour créer un plan séquence sont tellement flagrants que s’en est presque gênant surtout chaque fois que l’assassin pénètre une nouvelle pièce, le cadrage de porte est un peu embrouillé par manque de talent au niveau des effets spéciaux. Ça veut ressembler à la scène de l’Église de Kingsman mais c'est foireux. Sans chorégraphie et sans style visuel autre que de penser que c’est cool en crisse, The Vilainess tombe à plat rapidement. On passe aussi d’un POV à une vision normale pour aucune raison valable. J’ai passé l’âge d’être impressionné par des simili-exploit techniques à demi-réussi. Je préfère Hardcore Henry qui selon moi était plus un tour de force technique malgré un scénario bidon.


Black Panther : Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Vibranium! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Vibranium! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Vibranium! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Wakanda! Vibranium!


Phantom Thread : J’ai vu le film il y a plus d’une semaine et je ne sais trop quoi en dire. Jamais un film dont la prémisse ne m’intéresse autant pas, m’a paru aussi beau, terriblement bien dirigé, contrôlé et joué. Tout y est impécable. Absolument tout! Les obsessions de PT Anderson (à ne jamais confondre avec son frère PW Anderson!) sont tous réuni dans ce film. Plus l’intrigue avance et plus tout devient un peu tordu. C’est une version génial et réussi de Mother! , mettons.


Geostorm : J’ai rarement vu un film aussi con.


Brakes : Brakes est un « film à sketches » pour être gentil. Sinon c’est une marde visuellement. Tourné possiblement avec de petites caméras en mini-DV où les champs n’ont pas la même qualité que leur contrechamps et même que parfois, les contrechamps sont hors foyer ce qui fait qu’on se demande : pourquoi les avoirs utilisés? Sérieusement un visage ultra flou?  Ça se veut une comédie noire sur différentes relations qui se terminent (d’où le titre) et pour ce qui est de l’humour et du malaise, le film est génial, mais sacramant, des images flous!


Joshy : Joshy c’est une version un peu geek, un peu triste mais beaucoup moins prétentieuse que I Melt With You. Oui, les geeks ont des sentiments, oui ils ont de la difficulté à les exprimer. Pas besoin d’être un mâle alpha pour ça. Une chance que l’amitié est là. Joshy c’est un peu ça, un film sur l’amitié awkward entre amis geeks qui cherchent à avoir du bon temps, malgré leur situation amoureuse respective. Ce n’est pas tant un Big Chill puisque personne n’a aucune rancune à régler avec personne et c’est tant mieux. Adam Pally produit le film en plus d’y jouer possiblement son rôle le plus sérieux. Il s’entoure d’amis acteurs et on y croit. La prémisse est quelque peu délicate : le jour de son anniversaire, la future femme de Joshy se suicide, comme il avait déjà mis un dépôt sur une location de chalet, les gars décident d’y aller quand même pour lui remonter le moral. Nick Kroll et Jenny Slate viennent encore charmer le film (surtout Slate) Kroll se charge de la portion humour. L’humour et la chimie fonctionne alors le film n’est jamais lourd.


Inside : Un remake peut, mais c’est rare, mais peut, peut-être, on ne sait jamais, être amené dans une autre direction que son original. Inside n’est évidemment pas du tout ce genre de film. Inside en plus d’être incroyablement nul et une perte de temps, est également un remake qui n’apporte rien. Comme c’est souvent le cas. D’autant plus que À l’intérieur, l’original est un film qui fonctionne très bien au niveau du suspense, de l’atmosphère glauque en plus d’être extrêmement violent. Ce qui en fait pratiquement la seule raison de l’écouter. Mais que reste-t-il d’un film si on lui enlève sa raison d’être. Il reste 2 actrices pas bonnes qui jouent comme si elles convoitaient le prochain rôle de Merryl Streep dans ce qui ressemble à un téléfilm avec de meilleurs éclairages mais des dialogues tout aussi nuls. J’avais parfois l’impression d’écouter une mauvaise traduction d’un film italien tellement les dialogues sont pauvres.


Mon And Dad : Revenu de Sundance (ou d’un autre festival) Mom And Dad semblait être un autre film dans la longue filmographie récente de Nicolas Cage (il en sort un aux deux semaines), et bien les critiques étaient plutôt chaleureuses laissant présager une agréable surprise. Et non! Mom And Dad est même assez épouvantable. En faisait mes petites recherches que je ne fais jamais jai pu m’apercevoir que le film était réalisé par Brian Taylor du célèbre duo Neveldine/Taylor, ce duo qui à laissé sa marque sur le 7e Art avec Crank et Crank 2 : Crankier ainsi que les très estimés Gamer (celui avec Gerard Butler pas celui avec Saïd Taghmaouiet Ghost Rider : Spirit of Vengeance. Inutile de vous dire que Mom And Dad à pris tout son sens une fois cette information bien entrée dans mon p’tit cerveau. Je n’avais plus à m’en faire avec le scénario inexistant, je comprenais maintenant que Taylor n’en avait probablement pas écrit avant de tourner son film. C’est pour ça que le rythme en 3 actes est un peu saccadé, que les longueurs s’installent au 3e acte puisqu’il n’avait plus d’idée. En fait, la seule idée du film est possiblement le 3e acte et il a dû filmer autour 2 autres actes. Possiblement pour ça également que le film semble improvisé du début à la fin mais ce n’est pas un compliment. Le genre d’improvisation où personne ne semble jouer dans le même film, où les dialogues clichés sont déblatéré dans le mauvais ton. Que l’épidémie où les parents tuent leurs enfants ne soit pas expliqué n’est pas un problème, mais qu’on a l’impression qu’elle n’est pas expliqué car on ne sait pas pourquoi et parce que les scènes (la 1ere partie du film) semble plaqué là. Comme si on avait rabouté deux films ensemble ou comme si après avoir fait le film on s’était dit qu’il faudrait au moins tourner une scène qui mette le film en contexte, mais quoi? Pourquoi ne pas tourner des adultes qui attaquent des enfants de la façon la moins inspirante possible. Jamais un film de Taylor n’a paru aussi cheap et mal filmé.  Le montage n’a aucun sens. J’imagine dû au fait que le film fût tourné n’importe comment. Nicolas Cage n’a jamais été aussi Cage-esque ce qui n’est pas peu dire. Il est littéralement en mode free for all. La finale ne va nul part, l’humour ne fonctionne jamais alors on se retrouve devant un film qui se croit remplie d’humour noir mais qui passe 99% de son temps à raté sa cible. Je crois que Taylor est le Michael Bay des pauvres et il le prouve en nous filmant une scène où une femme accouche et veut tuer son nouveau né immédiatement sous la chanson It Must Have Been Love de Roxette. La scène est tellement foireuse et mal monté (en plus, de créer un faux suspense du genre un gros plan d’une paire de ciseaux pour nous faire croire qu’ils vont atterrir dans le bébé alors qu’ils finissent par couper le cordon ombilical) que si on y pense ne serait-ce qu’un tout petit peu, personne ne doit trouver cela drôle. Sauf Brian Taylor. Certain diront que c’est de l’humour noir, non! Il y a une mécanique à l’humour noir, chose que Taylor ne comprend pas. Je ne suis pas insulté qu’un nouveau né va mourir mais par le fait que Taylor croit que Roxette rend la scène drôle. 98% des gens qui vont voir Mom And Dad ne connaissent pas Roxette et n’ont pas vu Pretty Woman ce qui rend le référent en-dessous de 2% de compréhension. Taylor devait se taper sur les cuisses en montage tout comme Bay qui se tape sur les cuisses quand il décide d’ajouter des testicules à ses Transformers. De l’humour noir, non, de l’humour de mononcle retardé, oui.


Aus Des Nichts ou Diane et ses mauvais tattoos contre les Nazis : Fatih Akin est le Michael Winterbottom du cinéma allemand, il change de registre à chaque film et je dois dire que son dernier est un foutoir un peu moche. Sans grande surprise, ce thriller-politico-historico-judicaire est assez manipulateur multipliant les gros plans sur Diane Kruger pour y voir toute la détresse de son personnage et donnant aux personnages de méchants des gueules d’acteurs antipathiques pour être sûr qu’on les déteste vraiment beaucoup. Le film va exactement où on pense mais sans jamais être touchant ou intéressant. Bien que la Kruger à gagné le trophée d’interprétation à Cannes pour ce rôle ce sera dans un film qui ne passera pas à l’histoire et c’est dommage parce que Diane, on l’aime bien mais sans ses tattoos.


The Snowman : Fassbender est roux, JK Simmons aussi, la Gainsbourg joue comme si elle ne comprenait pas très bien l’anglais et y a des grains de café partout. Quand j’y pense bien fort, j’avais bien aimé Jennifer 8.


Song To Song : Je vais être franc, tout ça commence très mal. Je suis un grand fan de Terrence Malick depuis que j’ai vu Days Of Heaven (à TQS en 1994). The Thin Red Line, son 3e film (en 23 ans de carrière à l’époque) est un de mes films préférés. On peut dire que dernièrement il devient un peu une parodie de lui-même. Multipliant les tournages où il ne sait pas trop où il va créant par le fait des films au montage (Song to Song est un film dont on a enlevé Christian Bale pour lui donner un tout autre film The Knight Of Cups sortie 2 ans plus tôt mais filmé en même temps soit 5 ans plus tôt). Malick fabrique ses films en postproduction. Ce qui pour les acteurs peut être problématique puisque j’imagine qu’ils ne savent pas trop ce qu’ils font et pourquoi ils le font. La plupart s’en tirent plutôt bien dans le contexte MAIS PAS MICHEAL FASSBENDER!!!! Et c’est un peu ce qui tue Song To Song de prime abord. Il semblerait que plus Fassbender cabotine dans un film, plus il a la pilosité rousse. Dans Song To Song, on dirait presqu’Archie. Fassbender n’est pas un très bon improvisateur mais il est encore moins un connaisseur de musique. Son rôle de producteur de musique est loin de la caricature de l’artiste plus grand que nature, au contraire Fassbender joue comme s’il était le Tony Montana du jingle. Il joue comme s’il était le plus grand vendeur de drogue du monde. Tout en ayant aucune idée du travail d’un producteur de musique. Song To Song devient lourd assez rapidement surtout lorsqu’on voit Rooney Mara jouer de la guitare avec les Black Lips comme si elle tenait un cadavre de bébé chat mort en guise d’instrument. On se dit que décidemment, les gens qui ont fait ce film ne connaissent rien à rien. Puis, on oublie Fassbender et on se concentre sur Ryan Gosling et là, le film prend son sens. Malick redevient Malick. Il a tellement perfectionné sa façon de raconter une histoire que ce qu’il dit, il le dit, caché, à travers les images du montage en utilisant l’espace, le temps. Song To Song devient pratiquement l’apogée de sa démarche cinématographique récente. Tout devient fascinant et vrai. C’est un film de moods, de souvenirs, de moments bons ou mauvais, de questionnements sur l’amour, le sexe, l’argent, la réussite et sur notre manque de connection sur notre vie, sur nos sentiments, sur notre franchise. Le film vacille d’un thème à l’autre, d’une scène à l’autre comme d’une chanson à l’autre tout en étant toujours cohérent avec son propros. Malgré ses 73 ans, Malick ne nous parle jamais de façon condescendante, il le fait tel un artiste qui relate ce qu’il voit, ce qu’il sait, ce qu’il connaît pour laisser aux spectateurs le soin d’en prendre ce qu’ils veulent bien. Rien n’est moralisateur, Malick n’est pas Denys Arcand.






Thursday, February 8, 2018

Réflexions sur de la cinématographication


The Game Changer : The Game Changer est un film nul. Un genre de gros blockbuster chinois avec un budget plus gros qu’il n’y paraît. Tout est cheap et mal chié. Les scènes d’action sont filmées en très gros plans pour éviter au spectateur de voir les mauvais effets de green screen, les explosions de voitures sont dignes d’un épisode de Teletubbies. Le film a des airs de mauvais Bollywood mais sans les chansons tout en se prenant au sérieux. La fusillade finale donne l'impression que le réalisateur à vu pour la première fois de sa vie The Matrix la semaine avant. C’est vraiment un game changer pour les gens qui n’ont pas de goût.


Things : Things est un film tourné dans une seule pièce dans un sous-sol crasseux quelque part au Canada (Médecine Hat? Moose Jaw? Regina?)durant les années 1980. L’audio, le peu qu’il y a, n’est pas synchro, l’histoire est inexistante, elle est seulement une excuse pour voir 3 tatas boirent de la bière et affronter une fois de temps en temps une grosse araignée en plastique. Et quand je dis grosse je veux dire environ 60 centimètres. J’ai vu des hémorrhoides plus gros diront certains. Possiblement le pire film jamais fait. Oh oui, le pire!


Call Me By Your Name : Film envoutant et extrêmement touchant qui peut être résumé par les sages paroles du père d’Elio, ado qui en est à sa première peine d’amour :


"In your place, if there is pain, nurse it, and if there is a flame, don't snuff it out, don't be brutal with it. Withdrawal can be a terrible thing when it keeps us awake at night, and watching others forget us sooner than we'd want to be forgotten is not better. We rip out so much of ourselves to be cured of things faster than we should that we go bankrupt by the age of thirty and have less to offer each time we start with someone new. But to feel nothing so as not to feel anything - what a waste!"

Si vous n'avez pas une larme à l'oeil ou si vous ne pleurez pas à chaude larme après ce monologue, vous êtes non seulement mort à l'intérieur mais en plus je ne veux pas être votre ami et vous méritez d'aller écouter The Game Changer en vous masturbant très fort.


Obvious Child : Obvious Child est une rom-com moderne tout à fait éfficace grâce à la chimie entre ses acteurs. C’est également le tour de force de Jenny Slate, qui porte le film sur ses petites épaules. Elle est tour à tour charmante, drôle, touchante et très cute. Elle me rappelle une de mes amies mais au-delà de l’association que je peux y faire, Obvious Child mérite d’être écouter à la prochaine St-Valentin au lieu de The Wedding Planner mettons ou n'importe quel ostis de niaiseries avec J.Lo ou la fille de Goldie Hawn.


Jeepers Creeepers 3 : Un peu comme chaque fois que Polanski ou Woody Allen sortent un film, quand Victor Salva nous sert un objet cinématographique, il est attaqué avant même la sortie du film. La ligne est mince entre l’artiste et l’œuvre. Polanski et Allen s’en sortent plutôt bien grâce entre autre à leur passé cinématographique riche en œuvres majeures. Salva c’est une autre histoire. On s’acharne encore plus sur lui car il n’a pas le talent des deux autres, car on ne veut pas paraitre hypocrite (Polanski à abusé sexuellement de jeunes filles toutes sa vie mais Chinatown c'est tellement bon!) mais il est celui des trois qui à fait de la prison, qui a payé pour son crime (il a abusé sexuellement d’un enfant sur le plateau de son premier film Clownhouse). S’il à payé pour son crime, pourquoi lui en veut-on autant? La question est légitime, je crois. Peut-être parce qu’il continue de mettre en scène des jeunes ados qui finissent toujours par se pavaner en chest? Si l’on est pour traiter Salva comme une merde je crois qu’on peut faire la même chose avec Polanski et Allen, d’autant plus qu’ils n’ont rien fait de majeur depuis fort longtemps. Ou au contraire, on devrait laissé Salva travailler en paix, comme ça il pourrait possiblement faire autre chose que des suites inutiles à son Jeepers Creepers chaque fois qu’il doit payer ses comptes d’électricité.


The Disaster Artist : The Disaster Artist n’est pas un bon film. Dans les 20 films ou presque réalisé par Jame Franco, il est de loin l’un des pires. Sa caméra se promène sans trop savoir ce qu’elle veut faire (est-ce un faux documentaire, est-on témoin ou voyeur d’une amitié un peu louche entre un monsieur et un plus jeune portant une fausse barbe?). Les intentions de Franco ne sont pas claires, parce que les intentions du livre The Disaster Artist ne le sont pas non plus. Mais les deux sont très différents dans ce qu’ils veulent dire. Le livre semble plutôt cathartique pour Greg Sestero alors qu’il est rempli d’anecdotes qui dépeignent Tommy Wiseau  comme un excentrique un peu fou qui ne sait pas ce qu’il fait (Sestero se lave les mains de tout en mettant la faute sur Wiseau) tandis que Franco nous laisse croire que Wiseau est un génie, terme galvaudé, tout en essayant de rire de lui sympathiquement. Wiseau n’est en rien un génie mais c’est celui qui sort de cette aventure le moins écorché parce qu’il ne rabaisse personne, parce qu’il a donné le rôle principal à Sestero dans son film aussi minable soit-il, parce qu’il a donné la permission à Franco de le personnifier et de se moquer de lui. Wiseau est le grand gagnant de tout ça car il n’a pas d’agenda secret. La relation entre Sestero et Wiseau dans la vrai vie est étrange et même lui ne peut bien l’expliquer dans son livre alors imaginer Franco qui essaie de nous faire croire une relation homo-platonique entre lui et Sestero, joué par son frère avec une fausse barbe qui joue faux. On n’a l’impression qu’il y a plusieurs niveaux de lecture alors qu’en fait, The Disaster Artist n’est rien d’autre qu’un film de James Franco, réalisé tout croche, avec comme têtes d’affiches tous ses amis peu importe si le rôle leur va ou pas. Pour le spectateur qui n’a pas vu The Room, le film culte de Wiseau, The Disaster Artist n’a aucune valeur puisqu’on ne peut comprendre ce qui s’y passe sans avoir le référent et parce que tout passe du coq à l'âne. Mais même si l’on n’a vu The Room, le film de Franco n’est pas plus intéressant puisqu’au delà de recréer des scènes du film, il ne nous dit rien sur ce qu’il croit nous dire : le rêve américain, aller au bout de ses rêves, qu’est-ce que la réussite, etc…


My Blind Brother : Jenny Slate et Nick Kroll ont beaucoup de chimie ensemble dans The Kroll Show, sorte de télésérie à sketches. Dans My Blind Brother, la chimie y est toujours mais le film est d’une incompétence totale, comme si la réalisatrice n’avait aucune idée de ce qu’elle faisait ou qu’elle se débarrassait de ses scènes en posant sa caméra n’importe où. Le film n’a aucun style, aucun tonus si bien que l’humour en est évacué et le film devient une simple peinture à numéros où personne ne semble investit et où le spectateur y cherche le moindre intérêt. Mais bon, n’importe quoi avec Jenny Slate, c’est mieux que rien. 




Monday, December 18, 2017

Réflexions sur de la cinématographication

Bushwick : Bushwick, c'est un quartier trendy de New York. Grace à la magie du 7e Art c'est maintenant un film de divertissement de cinématographication. Écrit par Nick Damici qui choisi toujours d'écrire ses films à propos de New York (son amour de la ville transparait souvent dans son écriture), Bushwick raconte une sorte d'invasion où armée, petits malfrats et police s'entretuent dans les rues du quartier pour une raison qu'on ignore. On y suit 2 personnages qui tentent de survivre dans ce carnage filmé en un long faux mauvais plan séquence. On comprend les intentions derrière ce faux mauvais plan séquence mais tout est tellement approximatif dans l'exécution que les intentions ne deviennent qu'un prétexte. De toute façon les acteurs ne sont pas très bons et le récit devient une parodie de lui-même où tout est sur-expliqué pour donner un espèce de semblant de morale anti-raciste qui ne fonctionne jamais vraiment puisqu'il n'y a rien de subtil. La faute à une réalisation brouillonne qui se concentre sur la technicalité d'un faux mauvais plan séquence pas bon plutôt que de jouer sur les codes du genre et soigner ses interprètes. Je n'ai pas tant de problème avec les faux raccords pour donner l'illusion d'un plan séquence, là où ça fait mal dans Bushwick ce sont les moments choisis pour créer ces coupures. Des moments souvent étranges où la caméra ne devrait pas s'y trouver habituellement (des escalier, des bottes) De toute façon le reflet de la caméra se fait voir tellement souvent et les effets spéciaux sont souvent mauvaisement trackés que la technique attire l'attention sur elle même et par le fait même plutôt que d'être invisibles, les coupures sont tous, au contraire, trop visible.  Plus le film avance et plus tout devient terrible. C'est un exemple parfait d'un réalisateur qui n'a pas compris le scénario qu'il avait entre les mains.


68 Kill : Matthew Gray Hubler est un beau gosse dont la personnalité loufoque (une sorte de Yahoo Serious américain, mettons) lui permet d’avoir des films scénarisés, construits, produits autour de sa personnalité. Des trucs dont seulement lui peut nous faire avaler comme étant des comédies. Un peu comme Sam Rockwell à une certaine époque (L’époque Tom Dicillo). Gray Hubler est à ce point sympathique qu’on a de l’empathie pour ses personnages de morons un peu mou, ou de losers ratés. Dommage qu’au-delà de sa frimousse des films comme 68 Kill n’ont rien à offrir. C’est que ce n’est pas donné à tous de faire du sous-Elmore Leonard meets Soderbergh meets les Coen. Parfois, un réalisateur croit qu’en filmant un scénario amusant basé sur un roman qui doit l’être tout autant on arrive à créer de l’humour noir. Surtout si on filme des white trash dans leur roulotte. Le secret des frères Coen c’est qu’ils inventent des personnages crédibles joué par d’excellents acteurs et dont la situation dans la quelle ils se trouvent est plus grande qu’eux. Le problème avec les imitations c’est qu’ils croient que l’humour réside dans des situations trash où les personnages sont surjoués par des acteurs mal dirigés. On y trouve donc très peu d’intérêt sauf celui de voir Gray Hubler se démerder pour nous faire oublier qu’il joue dans Criminal Minds depuis 8 ans.
 

Visiting Hours : Jean-Claude Lord à fait la pluie et le beau temps dans le cinéma québécois durant les années 1970. Normal qu’il s’est ensuite essayé dans le film de genre canado-anglais. Un essaie pas si fructueux où il est revenu assez rapidement nous offrir La Grenouille et la baleine et autre Station Nord pour le plaisir des tout petits. Son essaie de courte durée lui a permis d’apprendre des trucs du métier pour offrir Lance et Compte, la plus grande série télé québécoise jamais fait. Il faut féliciter son Eddie & The Cruisers 2, son Vindicator (un sous-Robocop, 3 ans avant celui de Verhoeven) et ce Visiting Hours pour 30 ans de Lance et Compte. C’est pas rien. Quand j’étais jeune, très jeune, l’affiche de Visiting Hours est une des 1ere affiche de cinéma à avoir touché ma rétine. J’ai vu le film quelques années plus tard dans un désintérêt total mais le revoir aujourd’hui me rappelle l’époque où j’y avais découvert l’affiche dans un journal, chez mon grand-père. Visiting Hours est un slasher dans un hôpital (d’où le titre) qui grâce à la performance de Michael Ironside en tueur fou et une excellente partition musicale, le situe au-dessus de la moyenne. Le film à bien vieillie au point où le suspense fonctionne plus qu’il ne devrait et les scènes de sursauts sont efficaces, choses assez rare pour un slasher typique, encore plus pour un film de Jean-Claude Lord.


Justice League : Des acteurs costumés en vieilles guenilles jouent devant des écrans verts des scènes d’action dont ma rétine se contrecrisse au point où mon cerveau se met automatiquement en mode veille jusqu’à ce que tout ça se termine dans une orgie d’effets spéciaux qui calcinent l’iris humain.


The Evil Within : Il y a quelque chose d’Eraserhead dans The Evil Within, un film qui fut tourné en 12 ans et terminé 3 ans plus tard (15 ans en tout), juste un peu après la mort de son réalisateur. The Evil Within malgré tout ses défauts est comme un gros cauchemar filmé. On n’avait pas vu depuis longtemps autant de scènes aussi cauchemardesque filmées de façon méticuleuse malgré un budget minime(6 millions de patates sortie directement des poches du réalisateur(c’était le petit fils d’un chef connu de la mafia alors il a dû prendre son argent quelque part)). Seul film de Alan Getty, il en a fait une affaire très personnelle mais le gars avait beaucoup de potentiel, dommage qu'on n'ait rien d'autre à se mettre sous les yeux. Par chance, le film a de l’intérêt qui va au-delà de l’histoire de sa production et de sa distribution. Je le conseille fortement.

  
Snapshot : Snapshot c’est un peu une version classique de Starry Eyes ou du moins une version moins trash, plus australienne aussi. C’est peut–être même le film préféré d’Harvey Weinstein. Le film raconte les péripéties d’une ingénue qui tente de devenir top model et qui finit toujours dans la chambre d’hôtel d’un producteur miteux qui lui fait miroiter mers et mondes si elle lui montre ses boobies. Au début elle se laisse tenter par ces mers et ces mondes et montre un peu de craque de seins mais comme toute femme qui se respecte, elle décide qu’elle n’est pas une guidoune et ne se laisse plus faire. Elle se sent suivi par un prédateur dans un camion de crème glacée (un camion qui livre de la crème-glacée et non pas fait en crème-glacée) et fini par s’apercevoir qu’elle est la cible des photographes/producteurs/lesbiennes/prédateurs sexuelles de la ville. Au final, seules les lesbiennes veulent son bien ce qui fait un peu dévier la morale du film vers quelque chose d’inattendu à moins que ce n’est pas ce que le film veut nous dire et que je comprends tout croche.


The Dark Tower : La dernière fois que j’ai lu du Stephen King c’était en 1993. Je crois que c’était The Dark Half et j’avais été voir la version film au cinéma un peu plus tard. Entre 1992 et 1993 c’était ma période Stephen King. J’y ai lu : It, Christine, Cujo et Minuit-quatre. Je peux donc compter sur les doigts d’une main les livre de King que j’ai lu il y a 25 ans. The Dark Tower est une série de livre de King comportant 10 tomes. 2 fois plus de tomes que je n’ai lu de ses livres. Ça fait beaucoup. Quand on pense que It fut adapté à la télévision et plus récemment au cinéma en 2 parties, je me dit que 10 tomes doit facilement faire 15 films ou 8 très longs films ou une série télé de 3 saisons de 24 épisodes ou 10 saisons de 10 épisodes. Quelque chose qui justifie la longueur de l’œuvre. Ou du moins qui justifie le nombre d’année que Stephen King à passé à écrire dans son atelier, seul pendant 20 ans. Bref, The Dark Tower The Movie à une durée de 90 minutes. J’imagine qu’ils ont dû en enlever du superflu pour aller directement au vif du sujet sur 90 minutes. Il n’est pas étonnant que le film se termine à la hâte pendant que le spectateur y cherche les enjeux. Tout est hâtif, sous-expliqué. Comme si le film avait été fait pour les 4 acteurs qui jouent dedans et qui ont lu le scénario. Tout semble avoir du sens pour eux, pas pour le spectateur. Pas que ce soit complexe, j’ai rarement vu un film aussi épique être si peu épique, simple et facile. Mais les 4 personnages se parlent et se comprennent comme s’ils étaient des amis de longue date alors que rien dans leur aventure n’est aussi facilement explicable au point où l’on peut y comprendre un tant soit peu la situation (un méchant trouve une brèche dans son monde qui l’amène à New York où un Gunslinger tente de l’empêcher de créer l’enfer sur Terre alors qu’un gamin qui comprend tout ça puisqu’il rêve au Gunslinger et peut même le dessiner se trouve subitement sur son chemin (Tsé New York, c’est pas si grand quand on y pense) et prêt à l’aider du haut de ses 14 ans) 90 minutes plus tard tout ça se termine en happy end avec des trompettes et des confettis et le spectateur se dit à quoi bon lire 10 tomes d’une série de livres qui se résume en 90 minutes sans aucun rebondissement. Fuck that shit je vais aller lire les 73 nuances de Grey.


The 9th Life of Louis Drax : J’ai franchement rien compris à ce film. Pas que ce soit hyper complexe c’est juste que c’est très nul. Basé sur un roman dont j’ignorais l’existence j’ai tout de suite pensé que c’était un roman adressé aux ados, mais les sujets soi-disant adultes m’ont laissé perplexes : La mort, la vie après la mort, les rêves prémonitoires etc… Le Dr Grey (celui connu pour ses 50 nuances) joue encore une fois un docteur ou un pédiatre qui se retrouve avec un enfant comme client ainsi que sa mère un peu folle. Tout ça avec des flashbacks du gars de Breaking Bad qui joue le père du gamin et par le fait même peut avec l’aide du cachet du film payer son loyer. C’est à peu près ce que j’ai retenu du film. Alexandre Aja, le réalisateur en parle comme d’un projet personnel. Tant mieux pour lui, c’est bien de consacrer un peu de temps à nos projets personnels.



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Zombie Ass : Toilet of the Dead : Oui, bon, le titre donne une grosse, grosse, grosse idée de ce qui peut bien y avoir dans ce film japonais : des flatulences, des blagues de flatulences (c’est une peu la même chose) des excréments, du vomie de marde, des hémorroïde avec des dents, des pénétrations anales de vers solitaires, des haches dans le péteux, des têtes qui explosent, des yeux qui saignent, un œil qui après qu’une tête ait explosé se retrouve dans la bouche d’un personnage comme si Evil Dead 2 n’avait jamais existé, un monstre en CGI cheaps, des effets spéciaux peu spéciaux, de l’humour pipi-caca-poil-caca, des décors en cartons, des acteurs qui exagèrent leur caricatures, etc… Et après les gens vont se plaindre que Human Centipede existe alors que c’est la grande classe à côté de ceci.