Thursday, August 16, 2012

Réflexions sur de la cinématographication


Liverpool : Ne sachant pas du tout à quoi m’attendre du nouveau film de Manon Briand, j’y suis allé de reculons en pensant avoir à faire avec un autre film d’époque à-la Maman est chez le coiffeur. Mais à ma grande susprise Liverpool à lieu dans le présent et mêle incroyablement maladroitement une intrigue policière, un vol d’identité, une histoire d’amour, des pots-de-vin, des réseaux sociaux, de la polution technologique, un héritage, une narration enfantine presque dégueulasse, Tony Conte, le nez de Tony Conte, un voyage à Ottawa, de l’humour approximatif pour cacher des lacunes sur certaines connaissances technologiques et/ou sociales, un genre de Facebook mais pas tout à fait, une émeute innofensive dans le port de Montréal, une voiture bleu qu’aucun garçon ne conduirait dans la vraie vie, un loft beaucoup trop grand pour un seul habitant, des asiatiques assient dans des télévisions défectueuses, un iphone facilement retrouvé dans plus de 10 000 tonnes de déchets electroniques, une chanson de Renée Martel en loop, des tattoos de scorpions vraiment laids, un overdose, Louis Morissette jouant de la même façon que dans les pubs de Boston Pizza, la même voiture bleue stationnée devant celle de Tony Conte et celui-ci qui ne s'en rend aucunement compte, un kidnapping, un chat laid, une finale hors contexte et une cours à scrap fictive sur la rue Darling. Le mélange de genre ne fonctionne pas mais le couple Lapointe-Dubé est tellement cute qu'on ne se pose pas trop de question.

Undying Love : Probablement le pire film de vampires à avoir été transposé sur de la pellicule cinématographique, Undying Love n’est même pas un plaisir coupable, il est tout simplement un film étudiant avec un budget de 50 000$.

Naked Fear : Film amateur par le réalisateur de Slime City et Undying Love, Naked Fear est moins gore que le premier et plus amusant que le second. Ayant comme seul décor un appartement (un 4 et demi, comme dans l’émission 4 et demi, tsé là, avec Serge Postigo et la fille frisée(non, pas Isabelle Cyr)), le film ne peut cacher son manque de budget flagrant et est un peu long malgré ses 80 minutes. Racontant l’histoire d’un agoraphobe qui prend pour coloc un tueur en série (y-a-t-il d’autre sorte de tueur que le bon vieux tueur en série?). Celui-ci apporte donc un tas de prostitués à la maison pour ensuite les faire mourir avec un couteau. Il y a confrontation parce qu’évidemment l’agoraphobe n’aime pas trop les meurtres surtout dans son 4 et demi. Je le comprends. Enfin un film qui rejoint mes valeurs.

Retreat : Retreat est un thriller à-la-Dead Calm ou Knife In The Water mais pas sur l’eau…Les 3 acteurs livrent la marchandise mais le gros problème c’est que le réalisateur ne laisse pas le suspense s’installer. Dès que le couple Murphy-Newton découvre Bell blessé, celui-ci, à son réveil, se met aussitôt à péter les plombs et à agir comme un débile. Ce qui laisse très peu d’ambiguité sur le soi-disant mensonge qu’il raconte. Le film se met aussitôt en mode survie pour ses protagoniste, annihilant son suspense virus-esque. Le suspense est perdu et l’ambiguité aussi ce qui fait en sorte que même si Bell dit vrai, on s’en fout puisqu’il ne mérite qu’une râclé et cette râclé n’a rien à voir avec le dénoument du récit mais avec son attitude de marde. Un film comme When Strangers Appear réussissait beaucoup mieux à créer le doute chez le spectateur. Retreat n’est pas une perte de temps il est seulement mal servi par le vieux cliché de l’étranger un peu fou qui agit comme un crisse de connard.

Sleeping Beauty : Sleeping Beauty est le premier film de la romancière Julia Leigh et n’a rien à voir avec le film du riche millionaire Walt « popsicle » Disney. Le film est formelement et cliniquement beau mais est d’un ennuie quasi-mortel. 

This Must Be The Place : Je n’ai pas grand chose à dire sur This Must Be The Place à part que j’ai aimé ce film. Sean Penn en sosie de Robert Smith dans une intrigue complètement loufoque de nazis tout en humour qui rappelle Kaurismaki, moi, j’aime ça. La bande sonore est incroyable et les images aussi. On dirait un énorme vidéoclip. Il faut dire que Paolo Sorrentino sait comment diriger une caméra, les mouvements sont gracieux, poétiques et beaux.

Tyrannosaur : Première réalisation de Paddy Considine, Tyrannosaur lorgne du côté de Mike Leigh ou Ken Loach et ses petites gens. Peter Mullan semble rejouer son rôle de Joe de My Name Is Joe (les deux personnages s'appelle Joe, coincidence?)qui lui avait value le prix d’interprétation à Cannes, jadis. Mullan( à ne pas confondre avec le film de Disney avec la japonaise et le dragon rigolo) est plus vieux que Joe mais il est remplie de la même hargne, remplie d’une violence qui ne demande qu’à exploser. Le plus surprenant est que Mullan se fait pratiquement voler la vedette par Olivia Colman. L’amitié qui se développe entre ses deux personnages est complexe et au final, les apparences sont trompeuses. Considine s’est éloigné de la violence de son Dead Man’s Shoes pour nous offrir un film glauque mais touchant. À voir.

This Means War : Les comédies romantiques des dernières années (je remonte à l’année où l’on a cru qu’Ashley Judd pourrait remplacer Meg Ryan)ont été pour la plupart de très grands navets. This Means War est probablement le pire d’un lot qui inclus Simply Irresistible, Over Her Dead Body et Love Stinks (que j’ai tous vu dans un cinéma près de chez vous). Comédie romantique d’espions, This Means War se veut d’une drôlerie incroyable alors qu’absolument rien ne fonctionne dans ce film. Il faut dire que les 4 scénaristes ne l’ont surement pas eu facile. Comme si chacun d’eux avait travailler sur une partie inclusivement sans jamais lire ce que les autres avaient écris pour essayer de mieux amalgamer leur piètre contribution avec celle des autres. On a donc l’impression de voir 4 films pas drôles dans le même film pas bon. Le synopsis se veut tout de même loufoque : 2 amis espions pour le gouvernement se rendent compte qu’ils séduisent la même fille. Ils décident de mettre leur expérience d’agent secret à profit pour rendre la vie intime de l’autre, misérable. Il y a un air de Mr & Mrs Smith dans le synopsis, c’est parce qu’un des 4 scénaristes à aussi écrit le film de Doug Liman. Si vous avez vu la bande annonce, vous avez tout vu du film sauf la scène d’introduction des personnages (dans un café pour Hardy et dans un club vidéo pour Pine (un club vidéo?? En 2012?? 4 scénaristes??)) et une poursuite en voitures ridiculement mauvaise à la fin qui donne l’impression qu’on a réutilisé des rushes du remake de Taxi quand on s’est rendu compte qu’il fallait une scène d’action. On nous fait croire que Bane et Capt. Kirk ne peuvent trouver l’âme sœur alors qu’ils sont mâles sans bon sens. On nous fait aussi croire que Reese Whiterspoon avec sa p'tite crisse de face est également un pichou dont les hommes ne veulent pas s’approcher avec une pôle de 10 pieds. Whiterspoon n’a rien d’extraordinaire ce qui fait douter le spectateur sur les raisons de vouloir jeter son dévolue sur une fille pas super sympathique mais comme tout le monde dans ce film de merde est superficiel, on se dit : Fuck les valeurs! On a droit à la fameuse amie vulgaire et mariée de la protagoniste qui lui donne de judicieux conseils sur comment faire des blowjobs mais venant de Chelsea Handler qui aime bien relater ses aventures de sodomie avec 50 Cents, on se demande si on doit rire ou tout simplement avoir pitié d’elle. On a aussi droit à la fameuse scène où la protagoniste s’aperçoit que l’homme(dans ce cas-ci les 2 hommes)lui a menti sur qui il est vraiment et elle se fâche en lui disant qu’elle ne peut lui faire confiance dorénavant et etc…Le problème c’est que Whiterspoon couche avec 2 gars en même temps sans leur dire alors elle n’a pas à être offusqué de savoir que Bane et Kirk se conaissent. La scène d’action finale arrive de nul part et dure 5 ou 6 minutes dans un montage hyper saccadé et à la limite de l’incompréhension. Le méchant, Hugo Stiglitz, meurt aussitôt et c’est dommage puisqu’on la vu 3 fois depuis le début du film et j’aurais bien aimé savoir pourquoi il est le méchant. Tout ça est manigancé derrière la caméra par le peu talentueux McG qui ne semble pas comprendre comment rendre drôle un film. Il faut dire qu’il est loin le temps où il produisait des albums et des clips pour la bande à Mark McGrath. Parce que Sugar Ray, ça c'était drôle!

Kill List : Kill List arrive bientôt en DVD dans les Amériques avec une très bonne réputation. Sans vouloir dévoiler quoi que ce soit (on a comparé le film à un autre dont je ne nommerais pas puisqu’il enlève tout élément de surprise à Kill List) disont que le film est très violent et se veut une métaphore sur la politique britannique ou quelque chose comme ça. La métaphore peut s’avérer un peu cheap à-la A Serbian Film sinon un peu prétentieuse puisque la finale semble sortie de nul part. Le film demande une 2e écoute pour essayer de relier tout les éléments et indices ensemble et peut-être mieux comprendre le sous-texte. Pas le chef-d’œuvre qu’on attendait mais un film intéressant.

Fighting : Fighting est un pseudo-remake honnête de Lionheart. Dito Montiel remplace Van Damme par son alter ego Channing Tatum (ils ont le même parcourt d’anciens mannequins devenuent acteur/musicien/écrivain/scénariste/etc). Montiel y met aussi beaucoup plus de cœur que Sheldon Lettich avec son Lionheart. Fighting est une version moins slick et moins ados-en-rut-et-fillettes-en-bikini que Never Back Down. Les combats sont plus réalistes mais pas nécéssairement mieux filmés. Montiel ne cherche pas à être cool, il essaie de raconter son film du point de vue des moins fortunés et des gens de la rue avec un résultat plus ou moins réussie. Montiel est plus intéressé par les gens de la rue (d’où il vient) et leur fierté de vouloir s’en sortir. Thème réccurent dans l’œuvre de Montiel que ce soit dans ses chansons ou ses écritures (l’autobiographie a Guide To Recognizing Your Saints et le roman The Clapper), Fighting ne fait donc pas exception, le contenu reste le même c’est le contenant qui surprend avec ses combats clandestins pis toute.

Dream House : Ce film est un véritable ratage et le plus étrange c’est qu’il est facile de voir que la faute repose uniquement sur le studio qui a produit et distribué le film.  N’ayant jamais vu la bande-annonce, je ne peux me prononcer mais paraît-il que les amis des Internets ont été outré puisqu’elle montrait la plupart des pivots scénaristiques en plus de donner un côté film d’horreur/remake de Shining au film. Il y a de très bonnes choses dans Dream House mais comme on a remonté le film pour en faire un thriller psychologique/film de peur, le résultat est incroyablement plus que décevant. Surtout dans ces 20 dernières minutes qui remettent tout le film en question. La finale est ridicule et il est facile de voir que le film aurait pu être quelque chose de plus complexe et d’intéressant. En fait, plus le film avance, plus on comprend où Jim Sheridan veut en venir et on trouve cela étrange qu’il s’éloigne du côté symbolico-maison-psychologico-machin pour se concentrer sur une finale il-y-a-des-méchants-qui-pètent-des-yeules de façon artificielle et plaquée. À peu près tout s’écroule dans la finale. Dream House est l’exemple parfait d’un film complètement gaché en post-production.

Shiver of The Vampire : Le Frisson des vampires est probablement le meilleur film de la trilogie de vampires de Jean Rollin, ce qui ne veut pas dire grand chose. Des acteurs approximatifs et souvent nues se promement dans un château vide et suréclairé et sont filmés tout aussi approximativement dans une intrigue vampiresque cheap. Il y a des capes mais… pas d’épées


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