Tuesday, June 29, 2010

Knight And Day


La dernière fois où James Mangold s’est essayé à la comédie (Kate & Leopold), une comédie romantique pas drôle, il en a résulté son pire film. Ses drames (Heavy, Girl, Interupted, Copland)ont toujours été bien joué même son Walk the Line était bien défendu par de bons acteurs à défaut d’être prenant. Avec Kate & Leopold et maintenant Knight and Day, il semblerait que Mangold n'est pas en mesure de dirigé des acteurs dans un registre de comédie puisqu’encore une fois, sa comédie d’action avec Tom Cruise et Cameron Diaz a pour résultat de ne pas être très drôle.

Les scènes d’action se veulent énorment mais n’ont aucun rythme ou personnalité. Il semblerait que la mode hollywoodienne du moment soit de créer des scènes d’actions spectatculaires qui n’ont ni queue, ni tête et où le but est d’impressionner le spectateur à l’aide de CGI mais où la logique est oublié au dépend d’explosions de voitures plus souvent qu’autrement mal mis en scène, donnant comme résultat un spectacle navrant et moins phénoménal que prévue. On dira ce qu’on voudra mais je préfère voir des fusillades musclés ou bien orchestré comme savent le faire Michael Mann ou John Woo (dans sa jeune époque hongkongaise toute fringante) que de voir un ramassi de n’importe quoi filmé n’importe comment.

Au pire, si les scènes d’action se veulent bédéesques ou humoristiques comme c’est le cas avec le film de Mangold, il faut être clair. Et c’est là que Knight and Day éprouve le plus de difficultés. On a l’impression que Tom Cruise ne joue pas de la même film que Diaz et qu’ils ne jouent pas de le même film que Mangold réalise. Les 3 ont leur idée propre du ton que le film doit avoir et ils n’arrivent pas à être sur la même longueur d’onde. Cruise étant celui qui semble avoir compris le potentiel du très mince scénario de Patrick O’Neill qui semble lui aussi un peu étranger à l’univers humoristique. Le film aurait pu se conclure plus tôt sur une note comique alors que l’on force une finale soit-disant cocasse avec ses running gags qui tombent à plat en plus d’étirer inutilement le mince récit.

Knight and Day ressemble à Mr. And Mrs Smith avec les mêmes défauts. Le film de Liman avait par contre le ton juste. Cruise et Diaz n’ont pas la chimie de Vanilla Sky se qui amplifie l’argument que Mangold ne sait pas s’y prendre dans une comédie.

Tuesday, June 22, 2010

2 semaines de recherches intensives dans le cinéma maison pour trouver une perle

Sukiyaki Western Django : 327e films et premier en langue anglaise (ne comptant pas Imprint) de Takashi Miike, ce western japonais en terre américaine n’est pas très divertissant. Sorte de mauvais hommage au western, le film est un croisement ininspiré entre Yojimbo, Django, Once Upon A Time In The West, etc...…

Six String Samourai : Western surf rock divertissant et original. Sorte de croisement entre El Topo, Road Warrior, Warriors et un vidéoclip, Six string samourai souffre d’un petit budget et d’un acteur principal charismatique mais sans talent. Un nouveau film culte (même s’il date de 1998).

Redbelt : Dernier film de David Mamet, ce film sur l’honneur, le respect de ses convictions et l’éthique dans un environnement de judo (ou karaté , bref un art martial) est intéressant en particulier grâce à la prestation du toujours plus qu’excellent Chewitel Ejiofor. Encore une fois manipulation et faux semblants sont à l’honneur et encore une fois Mamet offre un rôle à sa femme (Rebecca Pidgeon) sans qu’on arrive à comprendre si elle à du talent. Avec sa finale abrupte, certains croiront qu’il manque 5 minutes au film, il n’en demeure pas moins que Redbelt est efficace.

Dread : Film d’horreurqui sort des sentiers battus par son histoire (basé sur un roman de Clive Barker) qui lorgne plus du côté de la recherche du mal genre L’homme qui voulait savoir que du côté slasher. Par contre la forme est très actuelle et stylisé a un parti pris pour le gore plutot que pour les thèmes ou les questions qu’il met en scène. Aurait pu être très bien mais ce contente d’être correct.

The Rebel : Depuis Ong Bak, il semblerait que les films d’arts martiaux Thai ont la cote. Ce sous-Born to fight thailandais est redondant mais bien meilleur que Brave.

Brave : Depuis Ong Bak, il sem….. film d’action mettant en vedette ce qui semblerait être un acteur populaire, genre Jackie Chan thailandais mais en plus fatiguant et irritant. On a droit, ici, à une suite de blagues vraiment poches et des scènes d’actions peu spectaculaires car 1)tous copiés sur la filmographie de Jackie Chan et 2) un manque d’originalité de la part de toute l’équipe du film.

Slaughter : Film d’horreur où il se passe des choses pas vraiment intéressantes avec des actrices pas vraiment bonnes qui font des choses genre : crier, tuer, etc… un semblant d’histoire existe pour créer une suite de fausses pistes où les enjeux ne sont pas véritablement prenant. Bref, c’est ça…c’est plate!

The Secret In Their Eyes : Film argentin ayant reçu le soldat en or (Oscar du meilleur film étranger) lors du dernier gala des trophés. Cette récompense fut une surprise et un énigme pour tout le monde puisque The White Ribbon et Le Prophète sont des œuvres non seulement extrêmement supérieur mais en plus, des œuvres qui vont passer le test du temps. The Secret… raconte l’histoire d’un policier qui recherche le meurtrier d’une histoire vieille de 30 années. Flashback et romance sur fond de politico-historico-argentino-machin sont au rendez-vous. Il s’agit d’un thriller efficace sans plus qui sera vite oublié. Les acteurs sont excellent et le fameux plan-séquence dans le stade (avec l’aide de CGI) vaut le détour.

Don’t Look In The Basement : Film à petit budget pour les drive-ins tourné dans les années 1970 avec une ambiance très redneck à-la The Worm Eaters ou I Drink Your Blood qui a pour décor un asile où les docteurs sont bizarres. Pour amateurs seulement.

Last House On Dead End Street : Pensant voir un film genre Last House On The Left ou Last House At The Edge Of The Park avec ambiance 70’s et mettant en vedette David Hess, la bouche m’est resté grande ouverte en voyant ce film soft-porn déguisé en snuff movie où rien ne semble avoir de sens. Film tourné dans un chalet sans argent, sans style, sans scénario. Le résultat est navrant, mes rétines sont souillées.

La Horde : Film de zombies français où tout le monde habitant une cité semble avoir des fusils, des mitraillettes et des grenades. Tout le monde est raciste et vend de la drogue. Film gore et énergique genre Mulburry Street mais en moins bon. Se prenant un peu trop au sérieux, La Horde n’est pas dénué d’intérêt ne serais-ce que pour voir la trop peu surexposée Claude Perron dans un rôle musclé mais il est rempli de clichés, tellement qu’on se demande à quoi servent certains clichés utilisés.

Book Of Blood : Basé sur un roman de Clive Barker, ce film…..dont je ne me rappelle plus rien… est oubliable sauf pour ce souvenir que Barker est toujours mieux servi par lui-même (Hellraiser, Lord Of Illusions).

All The Days Before Tomorrow : Premier long métrage du québécois exilé à Hollywood, François Dompierre (rien à voir avec le musicien), cette comédie romantique est parsemé d’images magnifiques et de scènes oniriques. Deux amis (un gars et une fille) se rencontrent un soir avant le départ de celle-ci pour aller rejoindre son fiancé à Tokyo et se remémorent leur amitié. Raconté en flashback et mélangeant le passé et le présent ce film sincère et bien mis en scène mélange un peu trop la temporalité pour son propre bien. Alexandra Holden est un peu trop caricatural mais Joey Kern (le blondinet exécrable de Cabin Fever et Grind) est remarquable, surtout dans le non-dit où l’on peu visiblement voir son malaise à être en compagnie d’Alison puisqu’il l’aime. Entre L.A. et Montréal les deux amis/amants doivent décider de leur avenir.

Valhalla Rising : Film prétentieux pour certains mais poétiques pour d’autres. Nouveau film de Nicolas Winding Refn et changement de style pour le réalisateur de Pusher, ce film sur une légende viking est captivant. Film personnel, cette œuvre magnifique et lente est visuellement splendide. Les dialogues sont au strict ultra-minimum. Mads Mikkelsen est magistral et charismatique comme toujours et réussie à être beau malgré son énorme balafre. Une expérience saisissante qui reste en mémoire longtemps après l’écoute.

Vinyan : Autre expérience marquante que ce 2e film du belge Fabrice De Walz qui se déroule sur une île asiatique remplie d'orphelins. Une ambiance malsaine et une finale inoubliable.

A Perfect Getaway : Thriller prétentieux du tout aussi prétentieux David Twohy (écouter ses commentaires audio), bien écrit et malhabilement mis en scène déçoit par une surprise finale sur l’identité du tueur. Le suspense est bon, la poursuite est excitante les acteurs sont excellents mais… toujours ce besoin de rendre tout compliqué pour créer une surprise qui fonctionne à moitié et qui tombe à plat lors de flashbacks surexplicatifs inutilement trop longs.

The Descent 2 : Suite COMPLÈTEMENT INUTILE. Le réalisateur se la joue Aliens où la survivante du premier opus retourne sur le lieu original pour trouver des survivants. Tout ce qui faisait de l’original un film d’horreur extrêmement clostrophobique et efficace est délaissé ici pour des espaces larges (la grotte s’est élargie depuis le dernier film?) et de la lumière en grande quantité (une grotte lumineuse?). De plus, il n’y a AUCUNE RAISON SUR LA PLANÈTE TERRE pour que la survivante retourne dans la grotte pas plus que………..SPOILER………………… la « méchante » soit encore en vie. Une suite illogique qui laisse beaucoup de question en suspend dont : pourquoi?

Saw VI : Le film accumule des scènes de tueries gore qui aboutissent à une finale où l’on révèle des méchants pas gentils. La série tourne en rond depuis Saw 3. Saw 2 étant le plus pourri du lot, cette dernière suite arrive juste après sur la liste (quoique je n’ai aucun souvenir de Saw V) pour des raisons différentes. Cette fois la réalisation est terrible, amateur, les acteurs sont mauvais ou peut-être que le monteur à choisi les prises où ils paraissent vraiment plus faible. Dénué d'intérêts

Horsemen : AKA Horsemen Of The Apocalypse. Surprenant que cette mauvaise copie de Seven (ou S7v7n) n’est pas vu le jour plus tôt. Le scénario de Dave Callaham n’a aucun rythme, les dialogues sont explicatifs ou tout simplement horribles, les pivots scénaristiques n’ont pas de sens, etc… Il faut dire que la réalisation de Jonas Akerlund y est pour beaucoup dans « l’épouvantabilité » du film. Des personnages apparaissent en plein milieu pour se faire tuer aussitôt, Zhang Ziyi jouant une psychopathe est tout simplement exécrable, les scènes de tension entre Dennis Quaid (un policier)et son patron sont ridicule. Quaid joue comme si 1) on avait kidnapper ses enfants 2) il a perdu une gageure ou 3) il se défonse le cerveau avec de la cocaine et n’a plus aucun sens de la réalité. La mise en scène trop stylisé ne sied pas du tout au film et rend les trous du scénario encore plus énormes. Le pire s’est que le film défend sa minabilité derrière un message soi-disant chrétieno-biblico-Jésus-est-beau de bas étage.

Tell Tale : Adaptation d’une nouvelle de Poe par nul autre que Dave Callaham, le scénariste de Horsemen. Même si on a l’impression que Callaham n’a jamais vu Body Part d’Eric Red ou The Hand d’Oliver Stone, Tell Tale est supérieur à Horsemen. Probablement que la nouvelle de Poe et la réalisation de Michael Cuesta y est pour beaucoup. Les acteurs sont bien dirigés, le suspense est excellent, on assiste à un thriller efficace et bien maitrisé par un Cuesta qui sort un peu de son registre habituel (je suis un énorme fan de Twelve and Holding). Efficace.

The Wolfman : Bien sûr qu'on s'attendait à mieux. Joe Johnston (Jumanji), à la réalisation, Benicio del Toro en loup-garou, Anthony Hopkin en Anthony Hopkin. Mais on ne comprend pas trop où le film veut en venir. del Toro voulait quelque chose de gothique, de fantastique alors que le résultat se veut gore et à la limite du ridicule (le combat final). Emily blunt est anachronique dans ce film où le sang coule à flot.


Le Baiser du barbu


Les comparaisons sont toujours inévitables lorsque vient le temps de présenter sa 2e œuvre. Surtout si la première fois on fut auréolé du succès critique, commercial en plus d’avoir gagné des prix, dans ce cas-ci, des Jutras. Personne n’y échappe que ce sois Dolan dernièrement ou Podz ou Huard dans un avenir rapproché, tout le monde y passe, tout le monde veut s’assurer que la première fois fut 1)un véritable chef-d’œuvre digne d’un visionaire surdoué ou 2) un erreur de parcours, une imposture où l’artiste n’a pas sa place dans le cinéma d’ici. Ce qu’on peut être dur et contradictoire.

Le Baiser du barbu est donc, la 2e œuvre d’Yves Pelletier(RBO, 2 Secondes) derrière la caméra. La barre est haute puisqu’il avait remporté le Jutra du meilleur scénario pour Les Aimants et que le côté Feydeau-esque(je ne connaît rien en théâtre) donnait un vent de fraicheur à son film.

Avec son nouveau film, Pelletier reste en terrain connu, la comédie romantique. Toujours rempli de personnages secondaires attachant. Par contre, cette fois, ça ne fonctionne pas. Il est difficile de dire pourquoi puisque le ton sympathique et la qualité de l’interprétation est sans faille (sauf pour Ricardo Trogi, bien que sympathique, il ne sait tout simplement pas jouer et Louis-José Houde qui est plus une caricature qu’un personnage), l’idée de base est farfelue, un peu comme La Moustache d’Emmanuel Carrère(le livre) mais sympathique. Il utilise le théâtre et le cinéma comme toile de fond mais le scénario est vide. Il n’y a pas vraiment de blague même si le film n’est pas dénué d’humour, c’est juste que jamais le film ne suit le canevas de base, jamais il n’arrive quoique ce soit à Benoit(David Savard) pour qu’on croit qu’il est chanceux ou pour qu’on croit que tout ça vient du fait que sa barbe peut ou non être magique. Jamais on a le temps d’y croire puisqu’absolument rien ne se produit mis à part qu’il frenche une fille cute(Bénédicte Décary) et qu’il aura peut-être mais-c’est-pas-super-sûr-tsé-veut-dire un rôle dans un film de Louis-José Houde-avec-une-mèche-qui-s’exprime-avec-anglicismes.

En 2e partie, la loi 101 de la comédie romantique prend le dessus et le film essaie beaucoup trop d’être cute tout en essayant de créer un espèce de constat genre : « L’art imite la vie » ou vice versa. Les personnages se séparent de façon artificielle pour arriver à une conclusion qui tourne en rond. Alors qu’il n’a absolument pas besoin de prendre cette tangente, le film se perd un peu dans les ambitions ratés du personnage de David et la psychologie à 5 francs du psychiatre joué par Alexis Martin. En plus de voir le couples d’amis (Bourgeois-Leclerc et Legendre (Pierre-François, pas Joël)) devenir des caricatures de couples d’amis et perdre ce qui aurait pu être une profondeur additionnelle au récit.

Pelletier filme avec une sensibilité qu’il lui est propre et c'est ce qui donnait à Les Aimants sa force. On dirait, avec Le Baiser du barbu, qu’il aurait voulu en montrer davantage ou qu’il aurait voulu mieux définir ses personnages, ou dire quelque chose sur le destin, sur l’art, sur l’amour. Comme s’il avait écrit son scénario à la hâte en oubliant pourquoi il l’avait écrit ou comme s’il n’avait pas réussi à mettre sur papier ce qu'il avait en tête. Le film perd donc de son intérêt au fur et mesure que l’on s’apercçoit qu’il n’y a pas vraiment d’enjeu et que le happy end forcé est maladroit d'autant plus que le personnage d'Isabelle Blais n’est pas l'obsédée romantique en manque de gratification qu'elle semble être devenu à la toute fin.

Il faudra attendre le prochain film de Pelletier pour voir si Le Baiser du barbu n’est pas qu’un erreur de parcours. En espèrant ne pas attendre 6 ans, cette fois.

Monday, June 14, 2010

Les Amours imaginaires



Une chose est sure avec Les Amours imaginaires c’est que le film n’est pas aussi détestable que ne pouvait l’être J’ai tué ma mère.

On peut comprendre pourquoi le film à gagné le prix Regards jeunes à Cannes puisque le film à ce petit côté naïf et innocent que peut avoir cette jeunesse qu’il représente et qui manque d’expérience de vie ou de maturité.

Le film est supérieur à plusieurs niveaux au film précédent de Dolan. À commencer par sa performance. Les autres acteurs défendent bien des personnages assez antipathiques. Monia Chokri à des traits d’Anna Karina(un peu) mais la réalisation avec plans au ralentis sur ses courbes ne lui rendent pas service puisqu’elle n’est pas la beauté fatale que Dolan semble nous présenter. Pour ce qui est de Niels Schneider, il joue l’objet de désir avec une désinvolture dérangeante puisque ses actions explicites créant la confusion amoureuse chez Dolan et Chokri sont difficilement défendable et acceptable comme étant de simples gestes innocents et innofencifs.

Alors le gros problème ici mis à part les nombreux « hommages » à tout ce qui à été fait cinématographiquement parlant avant 2010, sont les personnages puisqu’ils sont antipathiques et que le personnages de Nicolas ne sert que de prétexte au noyau central du film. Dolan semble avoir de la difficulté dans ses deux films avec ses personnages puisqu’il les dévellope un peu par leur gestes et leurs actions pour ensuite les laisser à eux mêmes alors qu’ils sont à moitié dévellopés. Les mettant ainsi des situations où ils ne deviennent que des prétextes à une conclusion forcée (Anne Dorval qui pète un plomb dans J'ai tué ma mère, la réaction de Schneider aux déclarations d'amour de Dolan et Chokri, ici)

Le problème avec J’ai tué ma mère est sans aucun doute les références plagiés à d’autres films. La ligne est mince entre hommage et plagiat et Dolan semble avoir beaucoup de difficulté à y déceler cette différence. Les Amours imaginaires est aussi rempli de ses « hommages »(Wong Kar-Wai, Gregg Araki, les frères Dardenne ou Gus Van Sant, etc), mais les intentions de Dolan sont nobles, si seulement il pouvait s’approprié ces soit disant hommages et les faire siens plutôt que de les transposer tels quels dans ses films en leur enlevant toute signification. Un copié-collé n’est pas une façon de faire du cinéma et n’est pas non plus, un hommage. Dolan avait fait de J’ai tué ma mère un copié-collé assez exécrable mais il s’en tire extrêmement bien ici prouvant qu’il a pris de la maturité lui donnant cet once de talent non mérité qu’on lui avait attribué avec sa première œuvre.

Même si le style passe avant la substance dans Les Amours imaginaires, il n’en demeure pas moins qu’à plusieurs occasions Dolan fait de ses « références ou « hommages » son propre style (surtout pour la portion Araki) et fini par raconter quelque chose. Pas nécéssairement une histoire mais un constat sur les amours ratés ou les idées qu’on se fait et les états où l’on se met quand on pense être amoureux. Le film est très honnête sur la façon dont les jeunes traitent leur relation (en multipliant les one-night stand confortables qui n’ont pas la fonction cathartiques voulu par exemple) et le ridicule qu’ils peuvent ressentir dans de pareilles circonstances. C’est ici que le film gagne des points et fait de Les Amours imaginaires un film franc, un film d’auteur.

Les cadrages sont superbes, la musique est ensorcelante et l’humour fonctionne. Dommage qu’il parsème son film de faux segments documentaires inutiles. Ces segments sont mal utilisés, surtout pour l’abus de zoom in et out pour donner un soit disant style documentaire. Les zooms nuient à l’effet recherché et les acteurs, assez mauvais dans ces segments, n’ont pas le talent de raconter ses histoires trop écrites qui ralentissent le film.

Le film n’est pas un chef-d’œuvre, n’est pas un classique, ni même un grand film mais j’ai l’impression, chose que je n’avais pas avant, que Dolan va peut-être finir par en pondre un, un jour.

Monday, May 24, 2010

Cette semaine j'ai vu...

La procrastination à son zénith.

Ravenous : N’ayant pas vu le film depuis 10 ans, il est surprenant de voir qu’il est d’actualité aujourd’hui pour 2 raisons. 1)Le film met en scène des vampires et 2) on les traite d’un point de vue différent, celui du cannibalisme. Vampire et végétarisme, deux sujets chauds. Le film est beaucoup plus intéressant qu’il n’a été d’écrit dans les 3 dernières lignes. La musique de Damon Albarn et Michael Nyman est ensorcellante.

The Quick and The Dead : N’ayant pas vu le film depuis 15 ans et l’ayant aimé pour des raisons obscure à l’époque, le film n’est rien d’autre qu’une suite de clichés. Sam Raimi utilise les clichés du western comme s’il voulait les déconstruire, ce qu’il ne fait jamais. Il se contente de jeux de caméra et de lentilles assez bien exploités créant un western cartoonesque mais jamais poignant. Premier film américain pour Russel Crowe.

Unmasked Part 25 : Genre de parodie britannique de Friday The 13th/Phantom of The opera/Toxic Avenger. Bien avant Scream et Shaun Of The Dead, ce film pas drôle s’est essayé à la parodie avec des résultats décevants. Le film traine en longueur et les scènes de tueries sont trop gores pour être amusantes et détonnent avec le ton du reste du film.

Transit : Film policier québécois écrit, réalisé, produit et joué par Christian De La Cortina. Bien avant les exploits de Xavier Dolan, De la Cortina nous offrait un film au budget risible (250000$) payé à même son salaire de comédien. Les acteurs sont tous assez mauvais puisqu’ils sont pour la plupart des amis du réalisateur. Il faut voir Hugo St-Cyr se prendre pour un caid et enlever le peu de crédibilité au film. L’histoire est assez banale mais bien amené, les dialogues sont ridicules et la finale ressemble plus à une parodie ou à la conclusion d’un film noir alors qu’elle se veut intense et pseudo choquante (les bons perdent).

What Just Happened : Basé anecdotiquement sur les mémoires de Art Linson, cette comédie hollywoodienne sur Hollywood est anecdotique. Un semblant de fil conducteur nous amène d’une anecdote à l’autre. On peut y voir les dessous de la vie d’un puissant producteur et du stresse qu’il a à vivre, etc… Le film est sympathique tout comme le livre dont il est tiré mais inutile.

Son Of Rambow : L’histoire d’une amitié entre deux enfants qui essaient de tourner un remake de Rambo avec les moyen du bord. Drôle, tendre, triste par moment. Une merveille.

Grande Ourse La Clé des Possibles : Sorte de suite de la série télé. On y retrouve tout ce qui faisait le charme de cette série culte : dialogues gênants, acteurs approximatifs, mise en scène tape-à-l’œil-simili-stylée, une histoire boiteuse et inintéressante, des personnages dont on se contrecrisse, de la prétention risible, etc…

It Might Get Loud : Documentaire sur la guitare vu à travers 3 guitariste aux méthodes et au style fort différent. Jimmy Page qui semble s’amuser comme un fou, Jack White qui est toujours intéressant et The Edge, le guitariste de U2 avec son technicien de son et ses millions d’effets. Chaque fois que The Edge ouvre la bouche, c’est plate. Ces trois hommes, ces trois musiciens ont tous quelque chose en commun : l’amour de la guitare et une vie de solitude.

I Am Trying To Break Your Heart : Documentaire surestimé sur la création de l’album Yankee Hotel Foxtrot de Wilco et de tout les problèmes qui ont suivi. Bien filmé dans un beau noir et blanc gracieuseté de Sam Jones, le film enfille les prestations live aux détriments de la résolution des conflits que l’enregistrement à créé. Pour fans seulement.

Did You Hear About The Morgans : Une autre comédie romantique où Hugh Grant se trouve beau….

Shotgun Stories : Drame poignant et intense magnifiquement joué et dirigé. L’histoire de deux clans de frères issue du même père et d’une mère différente éclate à la mort de celui-ci. Situé dans une amérique white trash, les deux groupes de frères s’affrontent avec comme résultat violence, haine, meurtre. D’une intensité palpable, le film est un coup de poing dans le ventre.

Shock Treatment : suite au Rocky Horror Picture Show. Différents personnages dans une différente histoire chantent des chansons différentes du premier film pour un résultat assez navrant.

Kingdom of Spiders : Film daté d’araignée-attaquant-les-humains où la première araignée fait son apparition après 27 minutes. Comme Arachnophobia mais en pas mal moins bon. Par contre, Kingdom of Spiders possède une arme secrète : William Shatner.

Scanners : Revisitant la trilogie amorcé par Cronenberg pour la première fois en 15 ans, ce film canadien, sorte de remake de The Fury de De Palma est toujours aussi intense et amusant. Avec tout les thèmes cronenbergien de ses débuts.

Scanners 2 : Sorte de carte de visite pour Christian Duguay, Scanners 2 est le film parfait pour démontrer ses talents de Steadycam operator. Après tout il faut quelqu’un pour prendre la relève d’Yves Simoneau dans le département du film québécois « à l’américaine ». Scanners 2 est une suite logique et pas si mal au film de Cronenberg. Bien sûr, ici, le but est de divertir et Duguay réussi. Mettant en vedette le gars qui joue dans les films de Vincenzo Natali.

Scanners 3 : Difficile à croire que le film fut écrit et tourné par les responsables de Scanners 2. Tout dans cette 2e suite au film de Cronenberg est minable, débile, stupide. Des acteurs aux dialogues, tout est gênant et sent la série B, la mauvaise série B, celle où l’on aimerait entrer dans l’écran de télévision, arracher la tête du réalisateur pour lui chier dans le corps. Après avoir vu l’acteur (celui sans nom qui jouait le beau gosse dans Campus)jouant le bum se faire éclaté la tête dans un dépanneur dans Scanners 2, il est difficile de ne pas rire quand on le revoit se faire éclaté la tête encore une fois dans un rôle similaire mais cette fois, variante, dans une ruelle.

Rabid Dogs : Film de hold up italien qui à (un peu) inspiré Reservoir Dogs. Réalisé par Mario Bava, un habitué du cinéma d’horreur et fantastique, il change ici de registre et se la joue film macho testostéronné. Le film fut remonté après sa mort par son fils pour un résultat divertissant…dans le genre hold up et prise d’otage, bien sûr.

Leap Year : Comédie romantique, assez, voire très, banale, mettant en vedette la toujours jolie et radieuse Amy Adams et le toujours joli et radieux Matthew Goode. Aucune chimie entre eux, aucune blague, juste une suite de scène nécéssaire à une comédie romantique pour finir sur une note…romantique.

Valentine’s Day : Film choral où plusieurs acteurs se rencontre 30-38 secondes, l’espace d’un instant, question d’avoir son nom et sa photo sur l’affiche de ce film fade qui semble raconter des choses sur la St-Valentin et le couple et etc, etc…

The Tao Of Steve : Revoyant le film pour la première fois en 10 ans, force est d’admettre que les films indépendants américains étaient plus charmant dans les années 1990. The Tao Of Steve raconte l’histoire d’un cassanova obèse (excellent Donald Logue, dans ses années de gloires) qui couche avec plus de filles que Jesse James(le mari de Bullock) et qui ne vit que par une règle : être cool comme Steve McQueen.

Foutaises : Cours métrage de Jean-Pierre Jeunet où on peut déjà voir ses obsessions qui reviendront dans tout ses long métrage suivant.

Mic Mac à tire Larigot : Dernier film de Jeunet qui commence à faire du surplace. Même direction photo, même obsession pour les petites choses de la vie qui était si charmant dans Amélie Poulin. Mic Mac… ressemble étrangement au film d’Albert Dupontel Enfermé dehors. Tout D’abords Dany Boon ressemble à Dupontel, son personage aussi ainsi que l’histoire des petites gens contre La Grosse Entreprise. C’est un film de Jeunet alors évidemment on ne boude pas son plaisir, il n’en demeure pas moins que tout ça commence à sentir le réchauffé.

Je t’aime, moi non plus : Film de Gainsbourg inspiré par sa chanson. Le chanteur cherche avant tout à choquer avec ce film mais tout ça paraît bien vieillot et dépassé.

L’enfance nue : Une des premières œuvres de Maurice Pialat. Film imparfait où l’on retrouve tout les thème et le style à venir du réalisateur de À nos amours. Le film traite de passage à l'âge adulte et il ressemble étrangement à Le Souffle au cœur de Louis Malle mais en moins bon.

Vampire Girl vs Frankenstein Girl : Le titre dit tout. Dans le genre Tokyo Gore Police ou Machine Girl

Kiss Me Deadly : Film culte de Robert Aldrich qui n’a rien perdu de sa fougue (il date tout de même de 1955). Une histoire de tromperies, d'intrigue bizarres, de personnages louches et d'une malette lumineuse. Une source d'inspiration pour Pulp Fiction et Repo Man

What? : Film étrange et érotique du nabot Roman Polanski. Sorte d’Alice aux pays des merveilles où le réalisateur de Tess démontre ses obsessions pour le sexe et l’étrange. Visuellement intriguant, bien dirigé, et écrit (par Gérard Brach) il est toujours difficile de voir un film où une jeune fille est la proie des hommes plus âgés qu’elle, surtout si le film est réalisé par Roman « j’aime les p'tites filles » Polanski.

Walkabout : Premier film de Nicolas Roeg. Ce film époustoufflant est visuellement spectaculaire. Un frère et une sœur laissé à eux mêmes dans le désert autralien après le suicide de leur père, font la rencontre d’un indigène en plein « walkabout » sorte de pèlerinage. L’indygène, pratiquement nu et en mode survie, est plus à l’aise à la survie que les enfants d’une famille bourgeoise ayant toujours eu tout cuit dans le bec.

Cocksucker Blues : Film inédit (la version que j’ai vu devait être une copie d’une copie VHS, filmé à même la télé) sur une tournée des Rolling Stones aux USA. Si vous voulez voir Mick Jagger prendre de la coke, ou se toucher dans le pantalon ou Keith Richards baiser des filles qu’il refile ensuite à quelqu’un d’autre, ce film est pour vous. On comprend mieux maintenant pourquoi le film est resté inédit.

Silence ça tue : Film Belge extrêmement inspiré de C’est arrivé près de chez vous où un protagoniste détestable tente de filmer son film de finissants. Tourner comme un faux documentaire, ce film banni en France et en Belgique pour des raisons inconnus est tout simplement merdique. Les personnages sont antipathiques et leurs actions, télégraphiés, ne sont que prétextes à une tuerie qui semble inévitable pour eux (les personnages) mais complètement futile et évitable pour nous (le spectateur).

The Proposal : Version de 90 minutes de la bande-annonce du film du même nom.

Edge Of Darkness : Remake américain de la série policière britannique. Mel Gibson semble fatigué et sort son revolver à tout bout de champs pour menacer des gens dans ce film policier peu intéressant.

Robin Hood : Ridley Scott aime les chevaux, les épées, les scènes de combats en forêt et Russel Crowe.
Les spectateurs aiment Ridley Scott, les chevaux, les épées, les scènes de combats en forêt et Russel Crowe.







Friday, May 14, 2010

Balboa

Ce n’est pas parce qu’on joue une pseudo-rock star dans une série télé que la réalité et la fiction ne font qu’un.

Buffet est le premier album attendu du dèjà malhabilement médiatisé (un sex tape) groupe Balboa composé d’un tata (Rémi-Pierre Paquin) qui en joue un au cinéma comme à la télé plus souvent qu’autrement, d’un réalisateur (Jean-François Rivard) et d’un parfait inconnu sans charisme (François Lachance).

Il est facile de détester un comédien qui décide de ce la jouer rock star ou dans certain cas crooner de luxe (Frédéric De Grandpré). On reste rarement surpris quant au produit final (Caïman Fu, Paul Ahmarani et Les Nouveaux Mariés, Annie-Major Matte, Guillaume Lemay-Thivierge, Yves Jacques, Nitroconique, Les Batteux Slaques etc…) mais ces derniers démontrent toujours un certain talent là où on s’attendait à rien ou là où on s’attendait au pire. Avec Balboa, c’est différent.

Non seulement on veut détester et rire ou aimer tendrement (pour les 4 ou 5 amis/fans du groupe) mais rien, absolument rien ne nous à préparé à quelque chose d’aussi terrible. On frôle la médiocrité. Conscient qu’il faut laisser la chance au coureur, on s’aperçoit que le coureur doit avoir de très mauvaises espadrilles ou des mognons.

Avec Rock N Road, ses contrats comme DJ, son rôle d’animateur des Mimis on comprend que Paquin aime la musique. Même chose pour Rivard qui utilise des caméos de Frank Black et des Dandy Warhols dans Les Invincibles en plus de demander à Kim Bingham d’y faire la trame sonore en reprenant plusieurs succès connus. Mais aimer la musique et comprendre la musique sont deux choses différentes. Aimer la musique et créer de la musique sont également deux univers différents. C’est un peu ce qui cloche avec Buffet. Cet espèce de sensation que faire de la musique entre chums c’est facile alors que le résultat est minable. Comme si mettre 3 ou 4 "artisses" ensemble créaient nécéssairement de l’art.

S’ils sont aussi mélomanes qu’ils le disent, comment n’ont-ils pu s’apercevoir que le mixage est d’un amateurisme gênant, que les pistes de batteries ne sont pas tight, que la batterie sonne creux comme si on l’avait enregistrer dans une pièce fermée sans acoustique et que le mixeur n’en avait pas tenu compte, que les riffs de guitare non seulement ne rockent pas et sont mous mais ils ne sont souvent pas au même rythme que la batterie, que le chant est mis de l’avant sans raison autre que, encore une fois, l’amateurisme du mixage, que le chant est rempli d'effets ou de plusieurs pistes pour y effacer toute trace du manque de talent de Paquin. Parfois on grince les dents quant il n’arrive pas tout à fait à enfiler deux phrases de suite sur la même note. Et c’est sans oublié les textes. En croyant écrire sur le quotidien des petites gens, Paquin démontre qu’il est un piètre observateur et qu’il a une plume très cégepienne.

En conclusion, il est moins dommageable de se rentrer une fourchette dans l’occiput que d’écouter Buffet. À moins, bien sûr, d’avoir subit toute sorte de traumatisme crânien au Vietnam.

Tuesday, May 11, 2010

Iron Man 2


Iron Man en a surpris plus d’un à sa sortie en 2008. Le film marquait le 32e « comeback » de Downey Jr, le retour de Paltrow sur les écrans en plus de démontrer que Favreau pouvait tenir le poste de réalisateur sur un film à très grand budget n’étant pas destiné uniquement aux enfants (Elf, Zathura). Le film surprenait également grâce à son mélange d’humour pince-sans-rire et le côté désinvolte de son personnage principal.

Iron Man 2 du même Favreau est une copie conforme du premier film, l’effet de surprise en moins. Le film n’est pas un ratage loin de là, il est plutôt une pâle copie. On y retrouve donc le même humour, les même personnages, etc… Par contre le scénario est le maillon faible cette fois. Les dialogues sont toujours aussi drôles mais l’histoire sent la formule. Tout semble calculé, scénarisé. Le film est une suite d’évènements se concluant toujours 33 secondes plus tard de façon artificielle. Des scènes clichées misent ça et là pour les besoin du scénario mais sans grand impact : le meilleur ami qui se retourne contre Tony Stark pour finalement l’aider dans la finale, Tony Stark qui devient un saoûlon/slacker/ombre de lui-même comme dans Superman III où celui-ci pichenotte des cacahuètes dans le miroir d’un bar ou bien même à la Spider-man 3 où celui-ci marche dans la rue, avec sa coupe emo en zieutant sexuellement les filles.

Cette fois on s’attarde un peu plus au côté « The Avengers », Marvel sème ses graines pour l’ultime film. Encore une fois tout est un peu trop écrit et de façon banale alors le mystère se dissipe et l’intérêt aussi. D’autant plus qu’en ancrant son film dans une certaine réalité, il paraît ridicule de voir Samuel Jackson et Scartlett Johansson(pire actrice de tout les temps) en costume de superhéro.

La scène finale déçoit par sa surenchère d’effets visuels d’autant plus que l’on peine à voir ce qui se passe tellement tout va vite. Depuis Batman Begins, il semblerait qu’on ne soit plus capable de filmer des scènes d’actions visuellement compréhensibles.

Parlant de va vite, il semblerait être la norme également lors d’une scène d’action tirer par les cheveux, de tout faire trop vite, montage, exécution bâclée, etc… pour éviter aux spectateurs de voir la stupidité de la dite scène. Par exemple, la scène du Grand Prix dans Iron Man 2 qui remporte la palme du n’importe quoi et ce aussi spectaculaire que la scène puisse être.

En sommes, malgré les défauts, Iron Man 2 plaira à tout les fans du premier opus. C’est un film divertissant, sympathique,drôle et innofensif.