Monday, June 14, 2010

Les Amours imaginaires



Une chose est sure avec Les Amours imaginaires c’est que le film n’est pas aussi détestable que ne pouvait l’être J’ai tué ma mère.

On peut comprendre pourquoi le film à gagné le prix Regards jeunes à Cannes puisque le film à ce petit côté naïf et innocent que peut avoir cette jeunesse qu’il représente et qui manque d’expérience de vie ou de maturité.

Le film est supérieur à plusieurs niveaux au film précédent de Dolan. À commencer par sa performance. Les autres acteurs défendent bien des personnages assez antipathiques. Monia Chokri à des traits d’Anna Karina(un peu) mais la réalisation avec plans au ralentis sur ses courbes ne lui rendent pas service puisqu’elle n’est pas la beauté fatale que Dolan semble nous présenter. Pour ce qui est de Niels Schneider, il joue l’objet de désir avec une désinvolture dérangeante puisque ses actions explicites créant la confusion amoureuse chez Dolan et Chokri sont difficilement défendable et acceptable comme étant de simples gestes innocents et innofencifs.

Alors le gros problème ici mis à part les nombreux « hommages » à tout ce qui à été fait cinématographiquement parlant avant 2010, sont les personnages puisqu’ils sont antipathiques et que le personnages de Nicolas ne sert que de prétexte au noyau central du film. Dolan semble avoir de la difficulté dans ses deux films avec ses personnages puisqu’il les dévellope un peu par leur gestes et leurs actions pour ensuite les laisser à eux mêmes alors qu’ils sont à moitié dévellopés. Les mettant ainsi des situations où ils ne deviennent que des prétextes à une conclusion forcée (Anne Dorval qui pète un plomb dans J'ai tué ma mère, la réaction de Schneider aux déclarations d'amour de Dolan et Chokri, ici)

Le problème avec J’ai tué ma mère est sans aucun doute les références plagiés à d’autres films. La ligne est mince entre hommage et plagiat et Dolan semble avoir beaucoup de difficulté à y déceler cette différence. Les Amours imaginaires est aussi rempli de ses « hommages »(Wong Kar-Wai, Gregg Araki, les frères Dardenne ou Gus Van Sant, etc), mais les intentions de Dolan sont nobles, si seulement il pouvait s’approprié ces soit disant hommages et les faire siens plutôt que de les transposer tels quels dans ses films en leur enlevant toute signification. Un copié-collé n’est pas une façon de faire du cinéma et n’est pas non plus, un hommage. Dolan avait fait de J’ai tué ma mère un copié-collé assez exécrable mais il s’en tire extrêmement bien ici prouvant qu’il a pris de la maturité lui donnant cet once de talent non mérité qu’on lui avait attribué avec sa première œuvre.

Même si le style passe avant la substance dans Les Amours imaginaires, il n’en demeure pas moins qu’à plusieurs occasions Dolan fait de ses « références ou « hommages » son propre style (surtout pour la portion Araki) et fini par raconter quelque chose. Pas nécéssairement une histoire mais un constat sur les amours ratés ou les idées qu’on se fait et les états où l’on se met quand on pense être amoureux. Le film est très honnête sur la façon dont les jeunes traitent leur relation (en multipliant les one-night stand confortables qui n’ont pas la fonction cathartiques voulu par exemple) et le ridicule qu’ils peuvent ressentir dans de pareilles circonstances. C’est ici que le film gagne des points et fait de Les Amours imaginaires un film franc, un film d’auteur.

Les cadrages sont superbes, la musique est ensorcelante et l’humour fonctionne. Dommage qu’il parsème son film de faux segments documentaires inutiles. Ces segments sont mal utilisés, surtout pour l’abus de zoom in et out pour donner un soit disant style documentaire. Les zooms nuient à l’effet recherché et les acteurs, assez mauvais dans ces segments, n’ont pas le talent de raconter ses histoires trop écrites qui ralentissent le film.

Le film n’est pas un chef-d’œuvre, n’est pas un classique, ni même un grand film mais j’ai l’impression, chose que je n’avais pas avant, que Dolan va peut-être finir par en pondre un, un jour.

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