Friday, April 23, 2010
Pour Mélina
Monday, April 19, 2010
Kick-Ass

Kick-Ass, la BD, est d’une extrême violence mais c’est là que réside sa force puisqu’elle surprend et donne un ton satirico-philosophico-bédéesque qui accentue autant le côté divertissant que le message que Millar nous sert. De plus, plusieurs de ses pivots diégètiques découlent de cette violence caricaturale.
Dans son adaptation de la bande déssinée, Matthew Vaughn a diminué le côté graphique de la violence en plus d’y éliminer toutes les pivots scénaristiques donc du même coup, toutes les surprises. Le film devient donc un crescendo qui prend son apogée dans une fusillade finale assez décevante. D’autant plus que l’on y écarte le personnage principal. Le film n’est pas surexplicatif seulement sans surprise, un peu plat puisqu’il n’y a jamais tension ou suspense dumoins il y en a peu.
Vaughn dirige bien ses acteurs à commencer par Aaron Johnson et ce même si certains n’ont pas beaucoup de talent (Mintz-Plasse). Mark Strong nous prouve encore l’étendue de ses talents alors que Nicolas Cage cabotine de façon "malalaisante". Même si la plupart des blagues tombent à plat, le film n’est pas dénué d’humour et c’est justement dans son ton et sa personnalité que l’on peut y déceler le comique de l’entreprise.
Les scènes d’actions ont un côté chaotique dû à un montage épileptique qui nous empêche de voir clairement. Et Vaughn profite d’une scène tourné à la manière d’un jeu vidéo pour faire un clin d’œil à la violence de certains de ces jeux. Là où la BD apportait un point de vue, une certaine morale sur cette surenchère de violence trop accessible à une jeunesse qui en devient insensible, le film de Vaughn préfère prendre la route du divertissement avant tout, ne faisant pas de morale (puisque de toute façon le film se contredit sur certain point).
Vaughnn à prouver qu’il était un meilleur réalisateur que Guy Ritchie, pour qui il a produit les premiers films. Alors Kick-Ass est certainement divertissant et bien réalisé (les images de New York sont sublimes) sans être chiant ou « top cool ». Par contre, le film n’est juste pas à la hauteur de sa réputation. Il est meilleur que la moyenne des films de super-héros mais il nest en rien « l’anti-film-de-super-héro » qu’il prétend être ou que Watchmen croyait être avant lui. Il n’est qu’une adaptation de plus.
Tuesday, March 30, 2010
Gaetan Roussel

C’était une question de temps avant que Gaëtan Roussel, n’arrive avec un album solo. Non seulement ses collaborations récentes avec Vanessa Paradis, Rachid Taha, Alain Bashung et Benoit Delépine et Gustave Kervern. (pour le film Louise-Michel) étaient des signes pré-curseurs, mais en plus, le (2e)hiatus de Louise Attaque et Tarmac (son groupe avec Arnaud Samuel) lui ont laissé beaucoup de temps libre. Arnaud Samuel s‘est joint à Ben’ Bop et Robin Feix, après Ali Dragon s’est joint à sa copine pour former Poney Express, l’album Daisy Street est EXTRÊMEMENT sympathique.
Pour un fan de la voix douce-amère et l’écriture poétique de Roussel, les attentes étaient énormes. Trop énormes peut-être. Laisser à lui même, sans ses comparses de Louise Attaque, Roussel livre des textes toujours aussi mélancoliques et beaux et garde son sens de la mélodie mais il englobe le tout d’une musique un peu quétaine mise un peu trop en avant plan. De plus, plus souvent qu’autrement, on a droit à des refrains en anglais chanté par quelqu’un d’autre. On aimait bien l’incursion de Roussel en anglais ou en espagnol dans le passé mais là, on croirait entendre un produit tout droit sortie des années 1980. Musicalement on avait connu Roussel plus inspiré, avec moins de synthé ou de main qui clappent. On a souvent l’impression que Roussel est un invité sur la chanson d’un autre artiste. Peut-être parce qu’il nous habitué à plus lyrique avec plus de minimalisme. Peut-être parce qu’il peut faire beau avec moins alors qu’ici trop est surchargé et disparate.
L’album commence avec un riff de guitare qui rappelle celui de 5/4 de Gorillaz. Si l’on comptait les étoiles ressemble étrangement à du Jean Leloup période La vallée des réputations. Dis-moi encore que tu m’aimes ressemble à du Cabrel mais est la chanson qui se rapproche le plus de ce que Roussel peut faire avec un certain minimalisme. Elle forme avec Les Belles choses les 2 meilleures chansons de l’album. On en aurait aimé d’autres comme celles-là.
Thursday, March 25, 2010
The Runaways

Pourquoi un biopic sur les Runaways? Parce que les biopics sont à la mode. Mais pourquoi The Runaways exactement, un groupe qui n'a pas vraiment connu de succès, qui a vite été oublié, un groupe préfabriqué qui connurent une existence typique de groupe rock n roll : célébrité subite, drogues, descente aux enfers. À l’instar des Johnny Cash, Ray Charles et autres Patch Adams(?)qui ont defilé sur nos écrans récement The Runaways peuvent se vanter d'avoir avec l'aide de X-Ray Specs, The Slits et autres Patti Smith ouvert la voie au mouvement riot grrrrl des années 1990.
Basé sur les mémoires de Cherie Currie, la bonne nouvelle c’est que The Runaways, le film, est le premier long métrage de la photographe et clippeuse Floria Sigismondi. Ce qui peut expliquer le pourquoi d’une biopic sur un groupe hard-rock de jeunes filles. Un film de filles qui rockent fait par une femme qui rocke.
Même si le film se veut un peu épisodique et que l’on est déçu de ne pas voir la signature de Sigismondi au niveau images dans la première moitié du film, il faut admettre que la film est bien foutu et qu'au fur et à mesure que l’on avance dans ce récit, axé principalement sur Cherie Currie et Joan Jett (oubliant au passage Lita Ford pour des raisons évidentes et ce meme si elle a connu une carrière solo plus que respectable par la suite) on peut sentir la touche Sigismondi-enne. Avec ces images saturés au look 70’s en passant par les vêtements vintages et le côté glamour Bowie-esque que l’on voit pratiquement jamais au cinema (Velvet Goldmine, Hedwig And The Angry Inch) , The Runaways est tristement trop court mais franchement divertissant.
Kirsten Stewart est épatante en Joan Jett et Dakota Fanning excelle en fragile Cherie Currie. Michael Shannon est capable du meilleur (Shotgun Stories, Revolutionary Road) comme du pire (Bug) ici, il se situe entre les deux en jouant Kim Fowley de façon un peu dérangeante ou caricaturale, c’est selon.
La mise en scène de Sigismondi n’est jamais redondante et les scènes, brèves, vont droit au but sans faire trop de surplace ou sans trop appuyer son récit. Elle nous fait même oublié en moitié de parcours que tout ça est épisodique. La finale est déchirante et triste. La mise en scène de Sigismondi se situe entre l'art, le lyrisme et le rock.
Peu importe si on tourne les coins ronds puisqu’au final le film de Sigismondi rocke comme une tonne de brique et peut très bien servir de programme double a Prey For Rock N Roll où Gina Gershon en Joan Jett wannabe, nous offre une leçon de rock au feminin.Wednesday, March 24, 2010
Avatar
Avatar c'est...
Saturday, February 27, 2010
Shutter Island

Martin Scorsese est un grand fan de série B.
Chaque fois qu’il s’essai au style (Cape Fear) on peut voir son amour pour le genre, sa connaissance approfondi des clichés et des règles. Par contre, chaque fois qu’il s’essaie au style, il en ressort toujours avec un de ses moins bons films.
Peut-être parce que justement il connaît tellement bien les règles et rudiments du genre que son film à plutôt l’air d’un pastiche ou d’une peinture à numéro. Peut-être aussi, comme c’est le cas avec Shutter Island, le matériel est inférieur aux talents de Scorsese. Le scénario, basé sur un roman de Denis Lehane, est assez moyen, si bien que la réalisation béton est en avance sur le récit et du coup, on connaît non seulement les enjeux du films mais également son parcours et ce, après les 18 premières secondes du film. Le film nous traine vers une conclusion qu’on comprend depuis tellement longtemps que l’on ne peut qu’admirer la réalisation et la trouver nettement supérieur au scénario beaucoup trop faible. Les dialogues explicatifs et mystérieux en début de parcours sentent trop le ''je-fais-attention-pour-ne-pas-trop-en-dire-tout-en-en-révélant-beaucoup-trop-parce-que-je suis-sur-mes-gardes-mais-en-même-temps-pas-vraiment".
Il ressort du film un ton « série B policier » des années 1950 où les dialogues explicatifs pourraient être jouissifs si le film avait été fait justement dans les années 1950 ou si Scorsese avait joué le jeu jusqu’au bout en le tournant en noir et blanc et donnant à son film un aura « d’hommage », un peu comme Soderbergh avec The Good German. Shutter Island à l’air d’un film des années 1950 mais tourné en 2010, ce qu’il est, mais du coup, le film paraît un peu naif, puisqu’il semble avoir une sensibilité du passé mais fait avec une mentalité actuelle. Le film a énormément de difficulté a créer la surprise et peut paraître un peu dépassé si ce n’était de la beauté des images et de la maitrise de la réalisation.
Même si la finale est (trop) prévisible, il est tout de même intéressant de voir que l’enjeu du protagoniste est ailleur, que sa quête se termine differement de ce que la finale (typiquement)explicative nous laisse entrevoir et ce malgré l’insistance de Scorsese sur l’image finale, un long plan suggestif pour bien nous faire comprendre la patente, un peu comme la finale de The Departed avec cette image insultante du rat sur la rampe. Soulignons ce qui est évident.
Les acteurs sont convaincants s’ils avaient joué dans un film des années a 1950. Ici, Emily Mortimer, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Max Von Sydow et Patricia Clarkson jouent tous de façon anachronique. DiCapichette, toujours bon, n’a jamais le physique de l’emploi lorsqu’il joue pour Scorsese. Excluant The Departed, il avait l’air trop jeune dans Gangs Of New York, n’avait pas la carrure ni la grandeur requise pour jouer Howard Hughes dans The Aviator et ce malgré l’ajout risible d’une moustache à-la-Beastie-Boys, période Sabotage.
Dans Shutter Island, on peut admirer l’intensité de DiCapichette mais jamais il n’est crédible physiquement. Surtout lorsqu’il donne des ordres à Ruffalo, acteur plus vieux et physiquement plus vraisemblable en policer à redingote et chapeau que ne peut l’être Dicapichette.
Le film se laisse tout de même regarder grâce à une musique ambiante et une atmosphère dérangeante, un effet paranoïde palpable et une mise en images sublime. Scorsese peut faire beaucoup mieux s’il a un meilleur matériel scénaristique. Elle est loin la période plus payante et enrichissante artistiquement du tandem Martin Scorcese-Robert Dinero.
Wednesday, February 10, 2010
Les 7 jours du Talion

Les 7 jours du Talion est une 3e adaptation à l’écran d’un roman de Patrick Sénécal et de loin la meilleure. Il s’agit également de la première adaptation sans les services de Nicolas Canuel devant lacaméra. Autant dire que son absence donne un gage de qualité à l’œuvre. Merci Nicolas!
Les 7 jours du Talion n’est pas un film d’horreur à la Saw, Hostel, Captivity et autre truc gore du genre The Hills Run Red, Eden Lake ou Guinea Pig, films où le seul but est de montrer une suite de scènes dégueulasses pour faire bander les adolescents en manque de sensation forte. C’est que dans ce genre de film le spectateur se fout des enjeux, des thèmes ou du message si message il y a. Tout ce qui compte c’est la « coolité » des images et si la face-de-la-fille-va-se-faire-écrapoute-avec-la-scie-à-chaine-dans-le-compresseur-à-déchets-rempli-de-dynamites-sur-le-haut-d’un-volcan-en-ébullition.
Le film de Podz est loin de tout ça. Même si la violence physique est aux limites de l’extrême, elle n’est jamais gratuite puisqu’elle plonge le spectateur dans les tourments internes de Bruno Hamel, joué magistralement et intensément par Claude Legault. Le spectateur est plongé, grace à une mise en scène froide (un peu trop), dans une joute psychologique intense où la ligne devient mince entre le désir de vengeance, la morale et l’incompétence de la justice.
Les 7 jours du Talion n’est pas un film pour tout le monde mais il a l’avantage de s’assumer du début à la fin et ne cherche en aucun cas à choquer ou provoquer artificiellement le spectateur. Au contraire, il est un film à voir parce que Podz, ne nous fait jamais la morale, parce qu’il agrippe le spectateur ne le laisant jamais indifférent devant les faits et gestes de Bruno Hamel et parce que le film n’est jamais condescendant.
Les dialogues sont au strict minimum et on en apprend plus sur les personnages de cette façon que s’ils avaient parlé sans cesse. Les images aident à sentir la force des personnages ou leur tourment. Les quelques faiblesses du film sont pratiquement effacer par la puissante prestation des acteurs. Rémy Girard est solide même si son rôle de policier est beaucoup trop littéraire. Il est tout de même utile symboliquement. Martin Dubreuil doit se contenter de dialogues Sénécal-esque, comme Grondin dans 5150, rues des Ormes. Des dialogues du genre : « Fuck you, man! » ou « Fuck off, ’stie! » qui relèvent plus du cliché de l’homme séquestré, que de la réalité.
Loin de Ransom ou Death Wish où un homme se fait justice, Les 7 jours du Talion est un film qui a compris les thèmes et enjeux du roman et les transpose à l’écran de façon convaincantes, sans artifices, de façon simple. Les 7 jours du Talion est, on l’espère, le film qui mettra fin au genre « torture porn » qui envahi un peu trop nos écrans.

