Monday, January 4, 2010


Paranormal Activity est un film qui malgré une ou deux scènes fortes, est probablement le plus manipulateur à avoir vu le jour cette année. Il manipule le spectateur malgré lui car le réalisateur n’a pas le savoir faire de ses ambitions et ne sait visiblement pas comment conclure un film et par le fait même mener à terme une simple idée.

À la base l’idée du film est bien simple, un couple croyant avoir la visite de fantômes la nuit décide de se filmer lorsqu’ils dorment. Dans la lignée du grand cinéma comme Blair Witch Project et autres C’est arrivée près de chez vous, films imparfaits qui assument jusqu’au bout leur idée de départ, Paranormal Activity épouse le concept du « film-trouvé-et-où-l’on-a-jamais-revus-les-protagonistes ». C’est arrivé près de chez vous et Cannibal Holocaust utilisait ce concept sans trop le prendre au sérieux alors que la campagne de promotion de Blair Witch Project était basée uniquement là-dessus. Blair Witch Project est un film beaucoup plus réussi puisque tout au long on a l’impression d’y voir les images retrouvées d’une bande de jeunes perdus dans la forêt et ayant terriblement peur. De plus, la mise en situation permet de comprendre et évite de surexpliquer ce qu’ils leur arrive ou pourquoi ils filment ce qu’ils filment.

Paranormal Activity n’a rien de tout ça, dès le début on explique pourquoi on filme, comme si le réalisateur s’était dit qu’il fallait être clair mais voilà, il doit l’expliquer et ces explications finissent par prendre le bord à mesure que le film avance puisque qu’à la base le couple ne cherche qu’à avoir des preuves de leurs visites nocturnes alors qu’on y filme également certaines disputes conjugales. Ce qui a pour résultat de ne pas être crédible du tout. Si on joue la carte du « found footage » les images que l’on voit ne doivent pas être monté et si on joue le jeu du « on filme la nuit pour avoir des preuves » pourquoi y voit-on des disputes conjugales artificielles pour créer un semblant de drame cinématographique. Que dire de cette scène où (SPOILER!!!!!) le jeu de Ouija prend en feu. Mis à part l’effet de peur qu’il suscite dans le film cette scène est ridicule puisque le couple se filme la nuit seulement alors que là, la caméra est dans le salon et le couple est sortie pour la soirée. De plus, une fois qu’ils ont des preuves qu’un visiteur leur rend visite la nuit, genre (SPOILERS!!!!) la porte s’ouvre et se ferme ou la femme se fait tirer par le pied sur plus de 20 mètres par un être invisible, pourquoi vouloir continuer habiter dans cette maison. Que font-ils avec ces preuves puisqu’ils ne les montre à personne et reste à la maison en réussissant toujours malgré tout à s’endormir.

Mais là où le bas blesse c’est dans la conclusion où le film ne sait visiblement pas où aller, quoi faire, etc… Alors il insulte l’intelligence en créant une sois-disant intrigue copié sur The Exorcist allant même jusqu’à y inclure la scène du crucifix dans le vagin. Ses scènes sont filmé de façon très peu convaincante mais en plus ELLES SONT FILMÉS!! Pourquoi voudrait-on y mettre ces scènes dans le film si à la base ce n’est pas une fiction. Tout est donc très scénarisé pour amener le spectateur et le manipuler de façon artificielle vers une conclusion risible qui détruit le peu de crédibilité que le film avait à la base.

Le film contient une ou deux bonnes scènes mais le tout est trop artificielle pour que l’on puisse y croire. L’accumulation de cliché n’aidant pas. Paranormal Activity est rempli d’invraisemblances et de stupidités qui au-delà des 3 sursauts qu’il peut causer nous empêche d'y croire et par le fait même d'avoir peur. Le réalisateur improvise au fur et à mesure que le film avance rendant l'idée de base caduque et s'éparpillant en rendant difficile à croire cette idée plus simple qu'elle n'y parait tellement la surexplication complique tout pour un effet facile et manipulateur.

Sunday, January 3, 2010

The Imaginarium Of Doctor Parnassus


Terry Gilliam est probablement le cinaste connu le plus malchanceux. Homme créatif, têtu et au tempérament colérique, Gilliam à plus d'une fois frôlé la catastrophe dans sa carrière.
Habitué aux budgets modeste avec Jabberwocky, Time Bandits et surtout avec les Monthy Pythons, sa méga production Brazil failli ne jamais sortir sur les écrans tant la guerre qui éclata entre Gilliam et Sid Sheinberg, directeur de la Universal à l'époque, pris des proportions homériques. Sheinberg voulait un remontagegrand public du film alors que Gilliam défendait la créativité et la vision de son oeuvre au dépend d'un happy-ending inutile.
Des problèmes d'un autre envergures prirent d'assault les plateaux de son film suivant The Adventures Of Baron Munchausen, production gigantesque qui finira par coûter le double du budget prévu à cause d'accumulations d'incompétences de l'équipe de production en plus des vols, pot-de-vin, et autres magouilles financières. Gilliam eu un moment de répit jusqu'à son adaptation de Don Quixote qui fut avortée suite à des glissements de terrainqui détruisirent le plateau de tournage et d'une crise cardiaque qui amena Jean Rochefort, acteur principal, à l'hôpital en début de production.
The Brothers Grimm fut remonté pour plaire à un public jeune qui adore Matt Damon et Heath Ledger, ;es acteurs principaux. Gilliam perdi le contrôle du film et alla exorciser ces démons avec Tideland, film qui ne sortie jamais sur les écrans sauf dans les festivals. Avec The imaginarium Of Doctor Parnassus, Gilliam, refait Tideland en y incluant tout ses thèmes de prédilections et tout son savoir-faire imaginatif. Mais voilà que la star du film décède avant la fin du tournage.... Décidement Gilliam est tombé dedans étant petit.
Ayant toujours démontré un incroyable imaginaire et un sens créatif et de l'image toujours au service de scénarios loufoques, et complètement disjonctés, son nouveau film est tout ce qui a de plus réussi. Gilliam est donc en forme comme jamais et ce malgré les embûches.
The Imaginarium... ressemble à un croisement entre Tideland, The Fisher King et une peinture de Dali. Bien que Gilliam se soit toujours bien débrouillé avec des maquettes et des décors, il utilise ici des CGI et des écrans verts vriament convaincant et qui sied merveilleusement au monde crée par l'imaginaire du Docteur Parnassum et par le fait même crée par Gilliam.
Gilliam laisse aller son imagination au maximum et son film est rempli d'idées géniales. Il est porté par des acteurs bien dirigé et y personiffiant des êtres étranges àla limite de l afolie ou du génie, cette ligne mince, caractéristique du personnage Gilliam-esque et thème de prédilection de son cinéma.

Au final, le film n'est ni le meilleur, ni le pire de la filmographie de Terry Gilliam, il est encore mieux que ça, il est la continuation d'une oeuvre qui s'échellone depuis plus de 40 ans et qui n'a jamais cessé de nous émerveiller.

PS pour ce qui est du remplacement de Heath Ledger par Depp, Law et Farrel qui y joue des variations différentes des facettes du personnages incarné par Ledger, dison que l'effet est réussi. Réussi car il s'intègre bien à l'histoire. Par contre le seul bémol c'est qu'à chaque fois, le film porte un peu trop attention à lui-même et fait un peu décrocher le spectateur qui ne peut faire qu'autrement que d'y voir une "gimmick".

Monday, November 16, 2009

Un ange à la mer


Un ange à la mer est un film d’une tristesse et d’une détresse incroyable, où les protagonistes ont tous une telle impuissance face aux évènements et pourtant le film de Frédéric Dumont est l’un des plus beau sorti cette année.

L’histoire de ce garçon (Louis) qui doit garder le secret des intentions suicidaires de son père est bouleversante. Même si le film n’offre aucun signe d’espoir et ce malgré la beauté des paysages ensoleillés du Maroc, les liens qui se forment entre Père et Fils sont prenantes. Louis espionne son père du haut d’un citronnier, dans le coffre de sa voiture ou tout simplement en s’endormant devant la porte de son bureau, pour ne pas qu’il commette l’irréparable. Les scènes entre les deux où Gourmet ose sortir de son bureau sombre sont tout à la fois touchantes, tristes, absurdes (la noyade d’un chaton), pleine de vie et terriblement frustrantes puisque éphémères. Le spectateur ne peut faire autrement qu’être frustré aussi devant les malaises et l’inutilité que peuvent vivrent les protagonistes devant la situation. Que se soit l’infidèlité de la mère, les crises de colère du père et la détresse de Louis. La scène où il doit réciter un poème devant un audience et qu’il se met à beguayer, béguement qui apparaît de nul part suite aux confidences de son père et qui l’empêchera de communiquer, nous crève le coeur.

La musique, de Luc Sicard, jamais miélleuse, est incroyable et ne dicte jamais nos émotions, elle est plutôt complémentaire aux magnifiques images de Virginie Saint-Martin créant ainsi une expérience sensoriel incroyable. Un film comme il s’en fait peu et cela est tout en son honneur. Un peu comme un Léolo, plus intime, plus personnelle, moins trash.

Gourmet et Nissens sont non seulement juste mais rearquablement touchant, sans fausses notes. Nissens d’ailleurs nous arrache les larmes des yeux et Anna Consigny, en mère impuissante devant le drame est également bouleversante. Co-production Belge-Québec oblige, on a donc droit à une apparence, une ligne de dialogue et un sourire de Louise Portal et un je-m’en-foutisme-typique de Pierre-Luc Brillant qui comme à son habitude nous laisse perplexe quant à son talent, son amour du métier tellement il se la joue toujours je-m’en-câlisse-mais-c’est-parce-que-j’ai-une-barbe-et-un-attitude-de-marde-de-rock-star-déchu. Pierre-Luc Brillant dans le rôle de Pierre-Luc Brillant, donc. Mais rassurez-vous, sa performance d’inadapté social ne gâche en rien ce très grand film poétique.

Dumont nous donne un film personnel d’une grande beauté malgré la négativité des sentiments et il nous offre par le fait même un œuvre pleines d’émotions. Un film où émotion, musique, images, poésie et acteur crée un tout cohérent et où le spectateur ne peut faire autrement que s’impliquer émotionnellement tout naturellement, sans artifice de la part de Dumont. Un film qui sans prendre de risque, se permet d’être différent et sans prétention. Dumont nous prouve qu’il y a un autre cinéma français que celui fade et stérile que l’europe nous présente depuis quelques années.

Wednesday, November 11, 2009

The Wild Hunt vs Demain, dès l'aube


Lors du dernier FNC, les organisateurs ont présenté deux films identiques, Demain, dès l’aube de Denis Dercourt et The Wild Hunt d’Alexandre Franchi. Deux films traitant du même sujet soit la relation entre deux frères sur fond de jeux de rôles, deux films aux enjeux similaires mais aux traitements différents. Comparons.

Demain, dès l’aube raconte l’histoire de Paul (Vincent Perez) qui suite à un mariage qui bat de l’aile décide d’aller vivre chez sa mère malade et de s’occuper de son frère, Mathieu (Jérémie Renier) pendant que celle-ci est à l’hôpital. Jérémie est un passionné d’histoire et s’adonne aux jeux de rôles. Il part les weekends en campagne où il rejoint des soi-disant passionnés comme lui où il se déguise en soldat du Ve Régiment. Vincent décide de l’accompagner et les choses tournent au vinaigre. Il sera traqué dans son quotidien pour un duel dont il ne veut pendre part. Tout ça se terminera de façon tragique sous fond de vengeance familliale. Gagnant du Prix du Meilleur Premier Long Métrage Canadien au dernier Festival du Film de Toronto, The Wild Hunt raconte l’histoire d’Erik qui s’occupe de son père malade dans un appartement miteux en bordure de la Décarie pendant que son grand frère Bjorn s’amuse dans un jeu de rôle en plein milieu de la campagne québécoise. Sa copine, ayant besoin d’espace, le quitte pour réfléchir et se réfugie dans les bras d’un chef de bande rivale à Bjorn. Erik décide d’aller chercher sa copine dans la forêt et par le fait même résonner son frère. Les choses tournent au vinaigre et tout ça se terminera de façon tragique sous fond de vengeance familliale.

Ayant d’avance un partie pris pour The Wild Hunt puisqu’il s’agit d’un film québécois indépendant scénarisé et joué par un ami, c’est tout de même en visionnant les deux films qu’il devient apparant que Demain, dès l’aube est le plus faible des deux, partis pris ou non. Malgré des prestations solides de Perez et Rénier et une belle mise en scène lors des duels napoléoniens, on ne comprends jamais les intentions de Dercourt. Se rit-il des gens qui participent à ces jeux de rôles comme l'avait fait l'autre Denys dans son Âge des ténébres? On en ait jamais sûr. Malgré sa passion pour l’histoire, Mathieu semble avoir un léger syndrome d’Asperger et les autres participants semblent obsédés par le pouvoir de leur gallons militaires et l’admiration qu’ils ont les uns pour les autres tout en prenant le jeu un peu trop au sérieux au point de mettre en danger la vie de ceux qui insultent leur régiment. Nayant visiblement aucun amour ou intérêt pour les jeux de rôle, son film se transforme peu à peu en suspense risible où le personnage de Paul se retrouve dans une situation exagérée qui nous éloigne des raisons pour lesquelles il est en crise existentielle ainsi que ce dénouement qui n’apporte rien sauf l’incompréhension des intentions du réalisateur. Dercourt nous dit que les passionnés de ces jeux de rôles sont tous un peu fêlés et ont de graves problèmes psychologiques qui les empêchent de délimiter le vrai du faux, la réalité de la fiction, le jeux de la vrai vie. Franchi ne rabaisse jamais ses personnages et malgré la passion de ceux-ci pour le jeu, ils savent qu’il s’agit d’un divertissement auquel ils ont décidé de participer et se permettent de sortir de leur personnage créant un écart humoristique à l’œuvre et délimitant par le fait même, le vrai du faux. Les personnages de The Wild Hunt s’amusent et se frustrent aussi et même si les évènements deviennent hors de contrôle, ils restent à l’intérieur de leur terrain de jeu nous laissant ainsi embarquer dans un univers spécial, un atmosphère claustrophobique puissant qui transforme le film en expérience cinématographique captivante. Les quelques fois où le film nous montre des images de la ville, on se sent étouffé par le béton et les autoroutes tellements la rupture entre les deux univers est grande. Dercourt nous montre également ce côté reconstitution historique vs urbaniste mais l’effet ne fonctionne pas. Après le banquet costumé, les personnages retournent chez eux dans une campagne moderne alors la discorde entre les deux univers n’existe tout simplement pas. Les personnages de Franchi malgré leur côté bon enfant veulent gagner un jeu et visiblement s’amusent comme des fous alors que ceux de Delcourt ne veulent que l’admiration et le respect étant blasé par leur statut et ressemblant à de jeunes enfants gâtés prêt aux pires coups bas pour montrer l’étendue de leur pouvoir fictif. Mais ils perdent rapidement le sens du risque, à en juger par le duel final, lorsque c’est leur vie qui est en danger. Bref, de grand parleur et d’encore plus petit faiseurs.

De plus, le film de Dercourt nage dangereusement en territoire « suspense cheap » où ses personnages vont jusqu’à menacer Perez en duel à l’extérieur du jeu en le suivant jusqu’à chez lui, la nuit ou en l’espionnant au restaurant où tout autre endroit car ils savent toujours où il se trouve. Comme si Perez et son frère étaient entrés dans un club sélecte ou une secte à la Fight Club ou The Skulls et qu’ils étaient les 2 seuls à faire partie des « gentils ». Le duel final/vengeance n’a pas le poids qu’il devrait avoir puisqu’on s’aperçoit que le film ne veut rien dire et n’a aucun but et par le fait même aucun impact. D’autant plus qu’il est télégraphié par un revirement douteux. Le message du film nous apparaît comme étant une insanité du genre »Quand l’honneur est touché, il faut demander réparation » ou autre ineptie anachronique que Dercourt se défend mal d’actualiser.

TheWild Hunt assume toujours son genre et ne perd jamais de vue la quête de ses personnages. Bien que le film tombe en territoire violent dans sa finale, la conclusion/vengeance à quelque chose de perversement jouissif ou de jouissivement pervers. On peut ne pas être d’accord avec cette finale surprenante mais reste qu’elle est en accord avec la quête de Bjorn et les thèmes établies par Franchi et son co-scénariste Mark Kruppa, contrairement à Dercourt qui conclue son film de façon hâtive et sans relation avec les tourments de son protagoniste. Franchi et Kruppa ont quelque chose à dire sur l’héritage ancestrale et les multiples liens qui unissent les membres d’une même famille. The Wild Hunt nous permet de comprendre ce que ces gens vont chercher dans ces jeux de capes et d’épées tout en ayant en tête l’idée de s’amuser alors que Dercourt nous présente des gens blasé, sans ambitions.

Dercourt hésite entre drame où les motivations du protagoniste n’ont rien à voir avec se qu’il vit alors que Franchi nous fait découvrir un univers complètement nouveau dans le cinéma d’ici et la quête de ses protagonistes commence et se termine dans cet univers qui côtoit le mythe invoqué dans le titre et sa conclusion inévitable. La quête de Paul en est une de fierté et d’honneur un peu égoïste alors que pour Bjorn elle passe à travers sa rédemption et l’éloignement de ses responsabilités familliale, guerrières et ancestrale.

The Wild Hunt n’est pas un film parfait, d’ailleurs les raisons de la mutinerie sont escamotés créant une énorme confusion dans le récit vers sa conclusion. Toujours est-il que le film offre de spectaculaires images nocturnes et un climat, un atmosphère et un univers rappelant un peu Le Festin des morts de Dansereau. Le film nous plonge dans ce monde perdu et ne nous laisse jamais tomber.

Saturday, October 31, 2009

Where The Wild Things Are


Le pari avec Where The Wild Things Are fut de créer un film de 100 minutes en adaptant les 22 phrases du livre de Maurice Sendak.

Spike Jonze aura réussi son pari y créant un univers en extrapolant l’œuvre de Sendak. Jonze aidé de Dave Eggars comme co-scénariste, ont donc imaginé la partie centrale du film où Max devient roi des « Wild Things » jusqu’à son retour à la maison, partie centrale qui devient donc la raison d’être du film et par le fait même l’extension du livre de Sendak. Comme si maintenant les deux oeuvres indépendantes n'en devenaient qu'une.

Certains diront que ce film n’est pas pour les enfants, qu’il dépeint une image pessismiste de la réalité enfantine avec ses personnages colériques et plein de sentiments négatifs (jalousie, mensonge, colère, tristesse, deuil, etc) mis de l’avant. Tandis que d’autres diront qu’il s’agit d’une œuvre pour adultes où ceux-ci doivent retrouver leur cœur d’enfant pour mieux apprécier.

Pourquoi ne pas montrer aux touts petits que la vie n’est pas toujours rose et pleine de lilas et d’hirondelles, que les animaux ne chantent pas toujours des chansons d’Elton John ou Phil Collins, que la vie n’est pas rempli que de bons sentiments où la morale, simple et gentille permet d’effacer nos bêtises. C’est justement ce que veux démontrer Jonze et par le fait même Sendak avec Where The Wild Things Are. Les enfants doivent comprendre qu’il n’est pas mal d’avoir ou de ressentir des sentiments négatifs, ils doivent seulement savoir quoi en faire, comment les expurger, comment les confronter, savoir qu’ils ne sont pas des vilains pour désobéir à leur parents, etc. Une chose que l’ami Walt n’aura jamais osé nous faire comprendre mais que la pleurnicharde Passe-Partout s’éfforçait à nous faire comprendre quand elle braillait que son foulard s’était coincé dans la porte de l’autobus.

Est-ce que Max comprend quelque chose à la fin? Peut-être, peut-être pas, mais l’amour de sa mère est encore là et il doit faire face aux conséquences de ses actions. D’ailleurs la morale que le film apporte est justement de purger nos sentiments négatifs et d’y faire face, de les assumer, alors le film pourrait s’adresser également aux adultes qui n’ont pas à « retrouver leur cœur d’enfant » pour ce sentir cibler puisque la plupart d’entre eux n’ont toujours pas appris à exprimer, purger et assumer leurs sentiments vils.

Bien que Catherine Keener et par le fait même Mark Ruffalo, n’est là que pour rendre service à Jonze, sa prestation est touchante. La palme va par contre à Max Records qui sous sa charpente frêle nous donne un Max non seulement touchant, fragile et juste mais d’un naturel incroyable, avec ses grands yeux émerveillés. Il incarne Max dans toute sa vulnérabilité, dans toute sa jeunesse rempli d’étonnement, dans sa complexité et il maitrise les sentiments que Jonze thématise. Jamais il ne fait asser Max pour une petite peste en manque d’attention mais plutôt pour un garçon aux sentiments complexes qui s’égare un peu dans sa sensibilité la croyant malsaine. Jonze est visiblement à l’aise avec les enfants (voir son video pour la chanson Y control)et il dirige Max Records de façon juste, parfaite.

Spike Jonze a su créée un Univers d’une grande beauté malgré la laideur des sentiments, des paysages arides et des « monstres » qui y habitent. Sa mise en scène et son montage énergique (son passé de clippeur lui vient en aide) est au service du monde qu’il a su créer. Where The Wild Things Are est d’une grande franchise face au côté sombre de l’enfance et fait figure d'OVNI dans le domaine du film pour enfants.

Saturday, October 24, 2009

5150 Rue des Ormes


Le cinéma de genre au Québec est plutôt rare, sauf s’il s’agit d’une comédie(Karmina 1 et 2, Bon Cop, Bad Cop, De père en flic). Le film de genre québécois est souvent un sous-produit ressemblant à de la mauvaise série B américaine, que ce soit dans l’horreur/fantastique (Sur le seuil, Grande ourse, La dernière incarnation), l’action (Le Dernier souffle, Transit) ou le thriller (Liste noire, La Conciergerie, Détour, Caboose). Pour l’horreur, il faut se tourner vers les films anglais pour avoir une plus grande originalité ou tout simplement avoir un film qui s’assume (Urban Flesh, End Of The Line, $lasher$ ).

Le cinéma de genre est rare au Québec parce qu’il n’est jamais vraiment réussi, parce qu’il n’est jamais vraiment bon, parce qu’il finit toujours par ressembler à un produit américain avec tout ce que cela comporte de bons et de mauvais côtés.

Il y a quand même eu des réussite au Québec si on pense à La Peau blanche, Dans le ventre du dragon ou même Pouvoir intime, même si ce dernier date de 1987.

5150 Rue des Ormes, ne fait pas exception à la règle, bien qu’il soit à moitié réussi, le côté mou, plate, redondant, soporifique, embarassant est beaucoup plus grand et prend le dessus sur son côté intéressant et efficace.

2e adaptation à l’écran d’un roman de Patrick Sénéchal et pour l’auteur et pour Eric Tessier qui nous avait donné un Sur le seuil assez bancal, peu effrayant et reposant sur les épaules d’un Michel Côté en grande forme au côté d’un Patrick Huard surjouant et bleaché-à-la-Villeneuve, le film multipliait les effets chocs de façon quelconque et tarabiscotait une intrigue religieuse assez insipide pour une finale grand guignolesque assez réussi mais ne justifiant jamais sa raison d’être ou sa monté dramatique pour avoir un peu de sens. Tessier nous avais donné au même moment Vendus, comédie noire, Tarantin-esque/Coen-esque assez honteusement lamentable qui faisait paraître Sur le seuil pour un sacré bon bout de cinéma local. Deux films très différent où les ambitions et le talent de Tessier était visible à l’écran. Il semblait handicappé par des scénarios pauvres et une mise en scène trop zèlée qui manquait de sens et de réalisme.

Tessier reviens, donc, derrière la caméra pour nous faire peur encore une fois dans un thriller plus psychologique qu’horrifique. Il installe dès le début, une ambiance de mystère et la première partie du film fonctionne bien même s’il faut suspendre notre incrédulité à 334% lors de l’élément déclencheur, la scène de capture de Yannick (Marc-André Grondin). La scène est assez risible et est de plus, maladroitement mise en scène au point où on ne peut y croire. Sauf si on veut bien croire que Grondin est un garçon très très curieux (il était curieux avec sa sexualité dans C.R.A.Z.Y. après tout).

Une fois la scène passé, la suite demeure intéressante et mystérieuse, dumoins tout ce qui à trait avec Jacques Beaulieu (Normand D’amours), le psychopathe/père de famille qui séquestre Yannick. Beaulieu semble avoir une mission une raison de commetre ses actes et tout ce qui y touche est curieusement fascinant…

…jusqu’à la 2e partie du film où illogisme, incohérence, raccourci scénaristique, stupidité, rythme saccadé, longueur et surcharge scénaristique prenent le dessus pour transformer le film en pot-pourri qui fini par ne rien sentir d’autre qu’un résumé de livre. La mise en scène qui se voulait au début mystèrieuse et pleine de suspense fini par ressembler à un simili-vidéoclip. On multiplie les images des parents de Yannick de façon symbolique même si on ne connait aucunement le rapport de sa relation avec ceux-ci en ne les ayant vu qu’une seule fois (son père à l’air colérique mais les dialogues nous laisse comprendre que sa mère est alcoolique alors…j'imagine qu'il n'est pas méchant...). Tout à coup, comme ça parce qu’il le faut Yannick sombre dans la folie de façon assez rapide et radicale, souligné par une succession rapide d’images où la pièce dans laquelle il est séquestré se referme sur lui comme s’il faisait une désintoxe à la place de Renton dans Trainspotting. Ensuite, Yannick sombre encore plus dans la folie en faisant apparaître un marqueur noir (c'est pour ça qu'on les appelle magic marker!). Il dessine des échiquiers pour trouver la formule gagnante pour battre Beaulieu au échec (parce qu’entre temps le film s’est transformé de façon artificielle en joute psychologique sous fond de jeu d’échec entre Beaulieu et Yannick), victoire qui lui donnerait sa liberté. Yannick finie par se réfugier dans une pièce blanche où l’on doit comprendre qu’il étudie la psychologie de Beaulieu tel un Bobby Fisher en devenir. Ces scènes sont assez maladroitement amené puisque même Grondin semble surpris de se retrouvé devant un écran vert.

Le récit nous tiens en haleine jusqu’à la 2e partie où un tas d’aneries (suicide, meurtre, tuerie, évasion ratée, évasion semi-ratée, évasion réussi puis ratée) accéléreront le rythme du film sans jamais prendre le temps de bien installer, le suspense, les enjeux, etc… La seconde moitié est donc surchargé au niveau scénaristique et Tessier semble manquer de temps alors il tourne les coins ronds et amènes des intrigues qu’il n’a jamais le temps de développer et garoche une finale décevante où les éléments chocs sont plus écrit et télégraphiés que prenants.

Les dialogues sonnent comme du Shakespeare dans la bouche de D’amours qui se mérite un Jutra pour sa performance. Mais parfois il frôle l’amateurisme (il faut voir la réaction du petit ami de Michèle lorsqu’il découvre qu’elle est la fille du kidnappeur. Une pure merveille!)et sont souvent beaucoup trop explicatif genre : « C’est de ta faute Jacques Beaulieu, si tu ne m’avais pas frappé dans le ventre quand j’étais enceinte ta fille serait normale. » ou « Papa, on a juste à faire comme d’habitude avec les autres que t’as tué. » etc…

Normand D’amours est incroyable dans son rôle de vilain. Il est le psychopathe le plus intéressant du cinéma depuis fort longtemps. Étant complexe dans sa quête de justice, il est un tueur avec une conscience, une mission même si à la fin on l’escamote un peu en lui donnant des actions indignes de son personnage dans une finale précipitée et étrangement non-culminante. Il n’est ni-noir, ni blanc et son personnage pourrait être digne d'un débat sur la question du justicier moderne.

Le reste de la distribution s’en tire plutôt bien avec des personnages stéréotypés. À commencer par Grondin qui bien qu’il soit convaincant, reste le personnage le moins bien écrit. Curieux de façon ridicule au début, il devient passif sans jamais chercher à comprendre ce qui lui arrive et pourquoi. Il n’agit jamais comme l’ado qu’il est supposé être, et jamais l’on ne sens son désir de vouloir s’enfuir. Pas que Grondin joue mal, c’est plutôt dans l’écriture de son personnage que le problème réside. On lui en donne très peu et il semble pris dans les méandres de règlements du thriller 101. Chaque fois qu’il a la chance de s’évader ce n’est que pour créer un suspense où son personnage n’est qu’un déclencheur artificiel. S'il avait une voiture, elle ne démarerait pas.

Sonia Vachon se défend bien mais son personnage est un peu anachronique. Une « Jesus Freak » habitant Montréal en 2009 n'est pas super crédible, dumoins pas si le personnage est aussi caricatural. Heureusement Vachon n’exagère rien et joue dans le ton cette femme soumise à son mari et à Dieu mais dont le destin tragique nous fait questionner sa foi chrétienne. Pour ce qui est de Mylène St-Sauveur qui joue Michèle, la fille ado-rebelle-pleine-de-hargne, n’est pas très convaincante. Elle est la "fille à papa" où celui-ci lui apprend les rudiments du métier de tueur pour qu’elle puisse continuer son œuvre. Elle se contente de bouder, de soupirer et de froncer les sourcils pas qu’on lui en demande beaucoup plus mais elle ne fait pas le poids devant les autres acteurs tous meilleurs qu’elle. Et il ne faut surtout pas oublié la grande contribution de Nicolas Canuel, un habitué du cinéma de Tessier qui nous donne ici sont meilleur rôle en jouant un chauffeur de taxi. Une seule réplique et il disparaît. On l’aime comme ça Canuel, absent de notre écran.

5150 Rue des ormes commence bien mais dévit assez rapidement de son sujet et se perd assez vite dans plusieurs sous-intrigue qui lui fait perdre son suspense et notre intérêt pour ainsi se terminer de façon assez banale puisqu’éssouflé d’avoir couru trop de lièvres à la fois. C’est dommage car le film aurait gagné à être un peu plus resseré en éliminant certaines sous-intrigues ou un peu plus long en developpant les sous-intrigues. De plus, le film nous laisse avec des questions assez importantes : Michèle prendra la succession de quoi si Beaulieu à terminé son projet? Qu’arrive-t-il à Michèle? Mais la plus importante, est-ce que Nicola Canuel ira voir son ami et collègue Jacques Beaulieu à l’asile?

Il en reste une ambiance digne des grand suspense et une bonne maitrise formel de Tessier qui semble en mesure de nous donner quelque chose d'encore mieux la prochaine fois.


Saturday, October 10, 2009


Les films de zombies sont légion au cinéma. Les réussites dans le genre sont minimes comparé à une horde de films de zombies ratés et pourtant chaque année les films de morts-vivants se multiplient tel un fléau. Zombieland se situe étrangement entre le réussi et le raté.

Les plus réussi sont souvent porteur d’un message social (Night, Dawn et Day of the Dead, Deathdream, 28 Days Later) ou ils sont un savant mélange de comédie et d’horreur (Return Of The Living Dead, Shaun Of The Dead, Fido, Brain Dead). Les films ratés le sont pour différentes raisons : budget dérisoire, mauvais scénario, mauvais acteurs, incompétence technique visible, manque de vision, etc… la liste est longue mais elle compte notament les plaisirs coupables du genre (Dellamore, Dellamorte, Burial Ground, Zombie, Dr. Butcher MD).

Zombieland se situe à mi-chemin car le commentaire social qu’il traite n’est qu’en surface et ce, seulement durant les 5 premières minutes. Le côté comédie prend alors toute l’espace et il faut admettre que le film ne se prend pas au sérieux en plus d’être souvent drôle. Dommage que les blagues soient redondantes (les réglements) et télégraphiées. D’ailleurs la plupart du film est prévisible sauf pour ce qui est de la partie centrale du film. Cette partie laisse le film naviguer un peu n’importe où pour rien malgré un certain humour pas toujours réussie mais tout de même hilarant pas son cabotinage.

Rien ne ressort vraiment de cette partie du film si ce n’est qu’un autre revirement prévisible (la 3e fois du film) qui nous ramène de façon un peu forcé et artificiel aux zombies dont on avait oublié l’existence depuis au moins 25 minutes.

Le scénario farfelu est au service de la mise en scène, éfficace et aide le tout à avoir un rythme rapide qui nous fait passer les 88 minutes pour 68.

Woody Harrelson et Jesse Eisenberg forment un duo comique qui se complète. Abigail Breslin force un peu la note. Le film n’est pas aussi cool qu’il croit être mais n’en demeure pas moins un divertissement fort sympathique.