Saturday, October 31, 2009

Where The Wild Things Are


Le pari avec Where The Wild Things Are fut de créer un film de 100 minutes en adaptant les 22 phrases du livre de Maurice Sendak.

Spike Jonze aura réussi son pari y créant un univers en extrapolant l’œuvre de Sendak. Jonze aidé de Dave Eggars comme co-scénariste, ont donc imaginé la partie centrale du film où Max devient roi des « Wild Things » jusqu’à son retour à la maison, partie centrale qui devient donc la raison d’être du film et par le fait même l’extension du livre de Sendak. Comme si maintenant les deux oeuvres indépendantes n'en devenaient qu'une.

Certains diront que ce film n’est pas pour les enfants, qu’il dépeint une image pessismiste de la réalité enfantine avec ses personnages colériques et plein de sentiments négatifs (jalousie, mensonge, colère, tristesse, deuil, etc) mis de l’avant. Tandis que d’autres diront qu’il s’agit d’une œuvre pour adultes où ceux-ci doivent retrouver leur cœur d’enfant pour mieux apprécier.

Pourquoi ne pas montrer aux touts petits que la vie n’est pas toujours rose et pleine de lilas et d’hirondelles, que les animaux ne chantent pas toujours des chansons d’Elton John ou Phil Collins, que la vie n’est pas rempli que de bons sentiments où la morale, simple et gentille permet d’effacer nos bêtises. C’est justement ce que veux démontrer Jonze et par le fait même Sendak avec Where The Wild Things Are. Les enfants doivent comprendre qu’il n’est pas mal d’avoir ou de ressentir des sentiments négatifs, ils doivent seulement savoir quoi en faire, comment les expurger, comment les confronter, savoir qu’ils ne sont pas des vilains pour désobéir à leur parents, etc. Une chose que l’ami Walt n’aura jamais osé nous faire comprendre mais que la pleurnicharde Passe-Partout s’éfforçait à nous faire comprendre quand elle braillait que son foulard s’était coincé dans la porte de l’autobus.

Est-ce que Max comprend quelque chose à la fin? Peut-être, peut-être pas, mais l’amour de sa mère est encore là et il doit faire face aux conséquences de ses actions. D’ailleurs la morale que le film apporte est justement de purger nos sentiments négatifs et d’y faire face, de les assumer, alors le film pourrait s’adresser également aux adultes qui n’ont pas à « retrouver leur cœur d’enfant » pour ce sentir cibler puisque la plupart d’entre eux n’ont toujours pas appris à exprimer, purger et assumer leurs sentiments vils.

Bien que Catherine Keener et par le fait même Mark Ruffalo, n’est là que pour rendre service à Jonze, sa prestation est touchante. La palme va par contre à Max Records qui sous sa charpente frêle nous donne un Max non seulement touchant, fragile et juste mais d’un naturel incroyable, avec ses grands yeux émerveillés. Il incarne Max dans toute sa vulnérabilité, dans toute sa jeunesse rempli d’étonnement, dans sa complexité et il maitrise les sentiments que Jonze thématise. Jamais il ne fait asser Max pour une petite peste en manque d’attention mais plutôt pour un garçon aux sentiments complexes qui s’égare un peu dans sa sensibilité la croyant malsaine. Jonze est visiblement à l’aise avec les enfants (voir son video pour la chanson Y control)et il dirige Max Records de façon juste, parfaite.

Spike Jonze a su créée un Univers d’une grande beauté malgré la laideur des sentiments, des paysages arides et des « monstres » qui y habitent. Sa mise en scène et son montage énergique (son passé de clippeur lui vient en aide) est au service du monde qu’il a su créer. Where The Wild Things Are est d’une grande franchise face au côté sombre de l’enfance et fait figure d'OVNI dans le domaine du film pour enfants.

Saturday, October 24, 2009

5150 Rue des Ormes


Le cinéma de genre au Québec est plutôt rare, sauf s’il s’agit d’une comédie(Karmina 1 et 2, Bon Cop, Bad Cop, De père en flic). Le film de genre québécois est souvent un sous-produit ressemblant à de la mauvaise série B américaine, que ce soit dans l’horreur/fantastique (Sur le seuil, Grande ourse, La dernière incarnation), l’action (Le Dernier souffle, Transit) ou le thriller (Liste noire, La Conciergerie, Détour, Caboose). Pour l’horreur, il faut se tourner vers les films anglais pour avoir une plus grande originalité ou tout simplement avoir un film qui s’assume (Urban Flesh, End Of The Line, $lasher$ ).

Le cinéma de genre est rare au Québec parce qu’il n’est jamais vraiment réussi, parce qu’il n’est jamais vraiment bon, parce qu’il finit toujours par ressembler à un produit américain avec tout ce que cela comporte de bons et de mauvais côtés.

Il y a quand même eu des réussite au Québec si on pense à La Peau blanche, Dans le ventre du dragon ou même Pouvoir intime, même si ce dernier date de 1987.

5150 Rue des Ormes, ne fait pas exception à la règle, bien qu’il soit à moitié réussi, le côté mou, plate, redondant, soporifique, embarassant est beaucoup plus grand et prend le dessus sur son côté intéressant et efficace.

2e adaptation à l’écran d’un roman de Patrick Sénéchal et pour l’auteur et pour Eric Tessier qui nous avait donné un Sur le seuil assez bancal, peu effrayant et reposant sur les épaules d’un Michel Côté en grande forme au côté d’un Patrick Huard surjouant et bleaché-à-la-Villeneuve, le film multipliait les effets chocs de façon quelconque et tarabiscotait une intrigue religieuse assez insipide pour une finale grand guignolesque assez réussi mais ne justifiant jamais sa raison d’être ou sa monté dramatique pour avoir un peu de sens. Tessier nous avais donné au même moment Vendus, comédie noire, Tarantin-esque/Coen-esque assez honteusement lamentable qui faisait paraître Sur le seuil pour un sacré bon bout de cinéma local. Deux films très différent où les ambitions et le talent de Tessier était visible à l’écran. Il semblait handicappé par des scénarios pauvres et une mise en scène trop zèlée qui manquait de sens et de réalisme.

Tessier reviens, donc, derrière la caméra pour nous faire peur encore une fois dans un thriller plus psychologique qu’horrifique. Il installe dès le début, une ambiance de mystère et la première partie du film fonctionne bien même s’il faut suspendre notre incrédulité à 334% lors de l’élément déclencheur, la scène de capture de Yannick (Marc-André Grondin). La scène est assez risible et est de plus, maladroitement mise en scène au point où on ne peut y croire. Sauf si on veut bien croire que Grondin est un garçon très très curieux (il était curieux avec sa sexualité dans C.R.A.Z.Y. après tout).

Une fois la scène passé, la suite demeure intéressante et mystérieuse, dumoins tout ce qui à trait avec Jacques Beaulieu (Normand D’amours), le psychopathe/père de famille qui séquestre Yannick. Beaulieu semble avoir une mission une raison de commetre ses actes et tout ce qui y touche est curieusement fascinant…

…jusqu’à la 2e partie du film où illogisme, incohérence, raccourci scénaristique, stupidité, rythme saccadé, longueur et surcharge scénaristique prenent le dessus pour transformer le film en pot-pourri qui fini par ne rien sentir d’autre qu’un résumé de livre. La mise en scène qui se voulait au début mystèrieuse et pleine de suspense fini par ressembler à un simili-vidéoclip. On multiplie les images des parents de Yannick de façon symbolique même si on ne connait aucunement le rapport de sa relation avec ceux-ci en ne les ayant vu qu’une seule fois (son père à l’air colérique mais les dialogues nous laisse comprendre que sa mère est alcoolique alors…j'imagine qu'il n'est pas méchant...). Tout à coup, comme ça parce qu’il le faut Yannick sombre dans la folie de façon assez rapide et radicale, souligné par une succession rapide d’images où la pièce dans laquelle il est séquestré se referme sur lui comme s’il faisait une désintoxe à la place de Renton dans Trainspotting. Ensuite, Yannick sombre encore plus dans la folie en faisant apparaître un marqueur noir (c'est pour ça qu'on les appelle magic marker!). Il dessine des échiquiers pour trouver la formule gagnante pour battre Beaulieu au échec (parce qu’entre temps le film s’est transformé de façon artificielle en joute psychologique sous fond de jeu d’échec entre Beaulieu et Yannick), victoire qui lui donnerait sa liberté. Yannick finie par se réfugier dans une pièce blanche où l’on doit comprendre qu’il étudie la psychologie de Beaulieu tel un Bobby Fisher en devenir. Ces scènes sont assez maladroitement amené puisque même Grondin semble surpris de se retrouvé devant un écran vert.

Le récit nous tiens en haleine jusqu’à la 2e partie où un tas d’aneries (suicide, meurtre, tuerie, évasion ratée, évasion semi-ratée, évasion réussi puis ratée) accéléreront le rythme du film sans jamais prendre le temps de bien installer, le suspense, les enjeux, etc… La seconde moitié est donc surchargé au niveau scénaristique et Tessier semble manquer de temps alors il tourne les coins ronds et amènes des intrigues qu’il n’a jamais le temps de développer et garoche une finale décevante où les éléments chocs sont plus écrit et télégraphiés que prenants.

Les dialogues sonnent comme du Shakespeare dans la bouche de D’amours qui se mérite un Jutra pour sa performance. Mais parfois il frôle l’amateurisme (il faut voir la réaction du petit ami de Michèle lorsqu’il découvre qu’elle est la fille du kidnappeur. Une pure merveille!)et sont souvent beaucoup trop explicatif genre : « C’est de ta faute Jacques Beaulieu, si tu ne m’avais pas frappé dans le ventre quand j’étais enceinte ta fille serait normale. » ou « Papa, on a juste à faire comme d’habitude avec les autres que t’as tué. » etc…

Normand D’amours est incroyable dans son rôle de vilain. Il est le psychopathe le plus intéressant du cinéma depuis fort longtemps. Étant complexe dans sa quête de justice, il est un tueur avec une conscience, une mission même si à la fin on l’escamote un peu en lui donnant des actions indignes de son personnage dans une finale précipitée et étrangement non-culminante. Il n’est ni-noir, ni blanc et son personnage pourrait être digne d'un débat sur la question du justicier moderne.

Le reste de la distribution s’en tire plutôt bien avec des personnages stéréotypés. À commencer par Grondin qui bien qu’il soit convaincant, reste le personnage le moins bien écrit. Curieux de façon ridicule au début, il devient passif sans jamais chercher à comprendre ce qui lui arrive et pourquoi. Il n’agit jamais comme l’ado qu’il est supposé être, et jamais l’on ne sens son désir de vouloir s’enfuir. Pas que Grondin joue mal, c’est plutôt dans l’écriture de son personnage que le problème réside. On lui en donne très peu et il semble pris dans les méandres de règlements du thriller 101. Chaque fois qu’il a la chance de s’évader ce n’est que pour créer un suspense où son personnage n’est qu’un déclencheur artificiel. S'il avait une voiture, elle ne démarerait pas.

Sonia Vachon se défend bien mais son personnage est un peu anachronique. Une « Jesus Freak » habitant Montréal en 2009 n'est pas super crédible, dumoins pas si le personnage est aussi caricatural. Heureusement Vachon n’exagère rien et joue dans le ton cette femme soumise à son mari et à Dieu mais dont le destin tragique nous fait questionner sa foi chrétienne. Pour ce qui est de Mylène St-Sauveur qui joue Michèle, la fille ado-rebelle-pleine-de-hargne, n’est pas très convaincante. Elle est la "fille à papa" où celui-ci lui apprend les rudiments du métier de tueur pour qu’elle puisse continuer son œuvre. Elle se contente de bouder, de soupirer et de froncer les sourcils pas qu’on lui en demande beaucoup plus mais elle ne fait pas le poids devant les autres acteurs tous meilleurs qu’elle. Et il ne faut surtout pas oublié la grande contribution de Nicolas Canuel, un habitué du cinéma de Tessier qui nous donne ici sont meilleur rôle en jouant un chauffeur de taxi. Une seule réplique et il disparaît. On l’aime comme ça Canuel, absent de notre écran.

5150 Rue des ormes commence bien mais dévit assez rapidement de son sujet et se perd assez vite dans plusieurs sous-intrigue qui lui fait perdre son suspense et notre intérêt pour ainsi se terminer de façon assez banale puisqu’éssouflé d’avoir couru trop de lièvres à la fois. C’est dommage car le film aurait gagné à être un peu plus resseré en éliminant certaines sous-intrigues ou un peu plus long en developpant les sous-intrigues. De plus, le film nous laisse avec des questions assez importantes : Michèle prendra la succession de quoi si Beaulieu à terminé son projet? Qu’arrive-t-il à Michèle? Mais la plus importante, est-ce que Nicola Canuel ira voir son ami et collègue Jacques Beaulieu à l’asile?

Il en reste une ambiance digne des grand suspense et une bonne maitrise formel de Tessier qui semble en mesure de nous donner quelque chose d'encore mieux la prochaine fois.


Saturday, October 10, 2009


Les films de zombies sont légion au cinéma. Les réussites dans le genre sont minimes comparé à une horde de films de zombies ratés et pourtant chaque année les films de morts-vivants se multiplient tel un fléau. Zombieland se situe étrangement entre le réussi et le raté.

Les plus réussi sont souvent porteur d’un message social (Night, Dawn et Day of the Dead, Deathdream, 28 Days Later) ou ils sont un savant mélange de comédie et d’horreur (Return Of The Living Dead, Shaun Of The Dead, Fido, Brain Dead). Les films ratés le sont pour différentes raisons : budget dérisoire, mauvais scénario, mauvais acteurs, incompétence technique visible, manque de vision, etc… la liste est longue mais elle compte notament les plaisirs coupables du genre (Dellamore, Dellamorte, Burial Ground, Zombie, Dr. Butcher MD).

Zombieland se situe à mi-chemin car le commentaire social qu’il traite n’est qu’en surface et ce, seulement durant les 5 premières minutes. Le côté comédie prend alors toute l’espace et il faut admettre que le film ne se prend pas au sérieux en plus d’être souvent drôle. Dommage que les blagues soient redondantes (les réglements) et télégraphiées. D’ailleurs la plupart du film est prévisible sauf pour ce qui est de la partie centrale du film. Cette partie laisse le film naviguer un peu n’importe où pour rien malgré un certain humour pas toujours réussie mais tout de même hilarant pas son cabotinage.

Rien ne ressort vraiment de cette partie du film si ce n’est qu’un autre revirement prévisible (la 3e fois du film) qui nous ramène de façon un peu forcé et artificiel aux zombies dont on avait oublié l’existence depuis au moins 25 minutes.

Le scénario farfelu est au service de la mise en scène, éfficace et aide le tout à avoir un rythme rapide qui nous fait passer les 88 minutes pour 68.

Woody Harrelson et Jesse Eisenberg forment un duo comique qui se complète. Abigail Breslin force un peu la note. Le film n’est pas aussi cool qu’il croit être mais n’en demeure pas moins un divertissement fort sympathique.

Saturday, September 12, 2009

1981


Que se passe-t-il avec le cinéma québécois? Tout les films sortie sur les écrans cet été n'ont qu'un but : plaire au plus large public possible et ce au dépend de toutes valeurs artistiques et/ou scénaristiques. Le mot magique est : sympathique. De père en flic, Les Doigts croches, Les Grandes chaleurs et Les Pieds dans le vide, ces films ne racontent rien, ne font aucunement réfléchir sur les thèmes qu'ils abordent ou croient aborder, ne prennent aucun risque et n'apportent aucune réflexion. Ils n'ont aucun but sauf celui de faire rire et/ou de plaire. Ce n'est certes, pas un problème, sauf quand il s'agit de la seule raison d'être du film. C'est un peu court.

1981 fait partie de cette catégorie de films qui au-delà du manque de prétention parce qu 'ils veulent être aimé et n'ont rien d'intéressant à dire, deviennent complètement inutile. Pas que le film soit une perte de temps, mais il n'apporte absolument rien, d'où le sentiment d'inutilité.

Le film raconte le récit pseudo-autobiographique de Ricardo Trogi, réalisateur dont on se contrefout qui a su battir son oeuvre cinématographique sur les relations hommes/femmes, et dont rien d'intéressant, de touchant, de drôle ne lui ai arrivé dans sa jeunesse d'après le film qu'il en a tiré.

Il nous raconte donc avec une narration hors-champs sur un ton naïf à la limite du trisomique, ses mésaventures dans une nouvelle école à la suite du déménagement de sa famille à l'âge de 11 ans. Trogi nous raconte en images, comment son histoire est fade et ressemble à celle de milliers de ti-gars, comment de façon monotone il a vécu une jeunesse normalle, comme tout le monde. Trogi a appris en 1981 que les gens mentent, la vie n'est pas facile et l'égoïsme est mal. Big Fucking Deal. C'est ce qui rend 1981 inutile, cette histoire qui ressemble à celle de tout le monde, avec peu d'originalité, au point où on lui trouve rien d'extraordinaire. Pourquoi raconter la vie de quelqu'un qui n'a vécu rien d'exceptionnel?

Trogi s'y prend de manière artificiel pour nous faire apprécier son film, lui donner un certain sentimentalisme, un certain cachet. Des zoom-ins mécaniques sur des visages larmoyants, du name-droping futile et artificiel pour créer un semblant de nostalgie et ainsi cacher le manque de contenu, une séquence finale sans véritable sens sauf celle de donner un aura de simili-auteur à l'oeuvre, une voix hors-champs à l'humour qui rate sa cible plus souvent qu'autrement, de l'humour anachronique, une séquence de flashback en noir et banc à l'humour forcé en guise d'ouverture, C'est que les idées sont là pour rendre le film amusant et rigolo, mais Trogi ne sait pas comment s'y prendre pour les développer de façon convenable. Son film aurait très bien pu faire un excellent court métrage si on supprime tout le remplissage et les scènes répétitives. je ne crois pas que l'écriture soit la force de Trogi (Québec-Montréal et Horloge biologique sont co-écrit), son récit n'est ni drôle, ni touchant, ni original et pourtant c'est ce qu'il recherche. De plus, l'idée du mensonge et du qui pro quo qui est mise de l'avant dans la bande-annonce, n'est jamais une trame narrative vraiment exploité dans le film. Ce qui aurai donner un film tout à fait différent. C'est comme si Trogi n'assumait pas les idées qu'il met de l'avant ou bien qu'il les surestime croyant que son public embarquera de toute façon dans son récit trop mince.

Par contre, il dirige ses comédiens de façon impeccable. Jean-Carl Boucher et ses copains sont d'un naturel incroyable, Sandrine Bisson dans le rôle de la mère est à la fois drôle et émouvante mais c'est Claudio Colangelo dans le rôle du père qui remporte la palme. Il est d'une justesse incroyable sans jamais être caricatural. Il rappelle un peu le père joué par Zinedine Soualem dans L'Ange de goudron, ce fils d'immigrant qui fait des pieds et des mains pour le bien de sa famille.

Bien que n'étant pas un ratage complet ou une navet et étant plus assumé que De père en flic, 1981 demeure trop léger pour laisser une trace, trop simple et naïf pour être intéressant, pas assez drôle pour être divertissant, trop paresseux pour être original et pas assez prétentieux pour qu'on le déteste (il s'agit tout de même d'une autobiographie terne d'un réalisateur quelconque). Bref, un film qui n'a pas le goût des ingrédients qu'il croit mijoter.

Monday, August 24, 2009

Les Pieds dans le vide


Les Pieds dans le vide est le premier film tant attendu de Mariloup Wolfe derrière la caméra, c’est aussi une bande-annonce qui laisse préssager un film qui ne s’élèvera pas très haut au niveau du scénario et de l’originalité. On voudrait tant que mademoiselle Wolfe puisse sauver le cinéma québécois de sa constante recherche à plaire au public le plus large possible, à faire rire à tout prix quitte à ne pas se prendre au sérieux. Comme si, à cause de son jeune âge, on voudrait avoir un nouveau regard sur la jeunesses d’aujourd’hui, thème du film, une nouvelle voix pour le cinéma d’ici, sans nécéssairement vouloir y voir un cinéma trop intellectuel ou trop auteurisant (Denis Côté, Raphael Ouellet). On voudrait tant que la sympathique Mariloup Wolfe nous serve quelque chose de personnelle tout en étant grand public (La Bouteille d’Alain Desrochers, Un 32 août sur terre de Denis Villeneuve)

Mais voilà, Les Pieds dans le vide ne sera qu’un film, plutôt, un téléfilm extrêmement gênant tellement le scénario est insipide et embarassant et tellement Mariloup Wolfe n’a rien à dire.

Les images sont superbes et les plans aériens sont excitant mais voilà Wolfe, vient de ce monde où les images sont soignées mais n’ont aucune signification, aucun symbolisme, aucune métaphore, que des images qui d’une beauté plastique finissent par lasser, que de belles images vides qui accentuent le manque de maîtrise cinématographique de la réalisatrice. De plus, après 20 minutes, on se lasse de voir des sauts en parachutes. Point Break ni même Drop Zone n’étaient des films sur le parachutismes, mais le parachutismes y était une partie intégrante de l’histoire. Ici, non plus, ce n’est pas de parachutisme que le film traite, pourtant il ne s’y passe rien d’autre dans les 30 premières minutes au point où tout est redondant et n’apporte aucune compréhension des motivations du protagoniste joué par Éric Bruneau. D’autant plus, que les dialogues maladroitements explicatifs nous laisse perplexe quant à la raison d’être du film. Jusqu’à ce que la 2e partie du film s’installe…

Dans la seconde moitiè, les personnages avancent lentement vers ce qui semble être un triangle amoureux peu crédible et plus d’une sous-intrigue relatant les premières aventures homosexuels d’un personnage ultra secondaire. Au défilement de la 2e partie, le sentiment de gêne qui nous envahi depuis le début de la projection laisse place à un malaise intense où la ligne devient de plus en plus mince entre le ridicule et le médiocre. C’est qu’en voulant donner un aura de « film d’une génération », le scénario de Vincent Bolduc, son premier, condence 4 saisons de Watatatow en 40 minutes de métrage où les dialogues souvent explicatif et jamais convaincant force la note. Au lieu de laisser agir ses personnages, Bolduc leur donne des dialogues qui surexpliquent leur état d’âme et Wolfe les dirige de façon à renchérir ces explications au point où on n’en éfface leur motivation laissant les personnages devenir des représentants d’une figure stéréotypé (Lemay-Thivierge = figure paternel, Bruneau = fils égaré, etc…). Les personnages ne deviennent convaincant que dans la mesure où on accepte qu’ils représentent un symbole, trop évident et risible d’un représentant de cette génération.

Difficile de garder son sérieux à la fin du film où on croirait y voir une version ados raté de T’es belle, Jeanne! En plus d’avoir l’impression de se faire faire la morale mais en ne sachant pas trop à propos de quoi et pourquoi.

Thursday, August 13, 2009

(500) Days Of Summer


(500) Days Of Summer est une comédie romantique ou plutôt un drame romantique avec une touche d’humour. Premier film de Mark Webb, aussi connu comme acteur ayant notament joué dans le film familial Snow Day où l’on pouvait voir de façon TOTALEMENT GRATUITE, les mammelons d’Emmanuelle Chriqui à travers son chandail blanc moulant (chose qui se répètera avec la même Chriqui dans le moins familial Wrong Turn) pour le plaisir des papas qui ont vu le film avec leur progéniture. Webb est également réalisateur de vidéoclips, ce qui expliquerait la musique qui tapisse le film de bout en bout : Regina Spektor (pour qu il réalisa certains vidéos), The Smiths, Pixies, Black Lips, Feist, Hall & Oates, etc… La différene entre ce film et d’autres film réalisé par des clippeurs c’est que Webb n’utilise pas d’effet tape à l’œil, de montage épileptique dans le but de donné un style à son film. Il utilise des procédés techniques (flash back, split screen, etc) au profit de sa narration, appuyant ainsi son récit et les tribulation et tourments intérieurs de Tom Hansen, joué par Joseph Gordon-Levitt.

La musique, sujet important du film, est ce qui permet à Tom de s’intérésser d’avantage à Summer Finn joué par Zooey Deschanel. Bien que cela puisse paraître superficiel, le sujet de la musique et des goûts musicaux est aujourd’hui un point commun entre les gens, une façon d’ouvrir le dialogue, de découvrir les autres et c’est de cette façon que le sujet est traité dans le film. En superficie, avec subtitlité mais avec une grande importance. Le choix des chansons sans être nécéssairement en harmonie avec le film, s’avère néanmoins intéressante et mature dans son choix de musiqe plus adulte. Exit les chansons populaires académiques tout droit sortie d’un moule, ici, la musique est quelque chose qu’un mélomane peut apprécier et donne par le fait même un ton au film, une maturité aux personnages, leur donnant des qualités et du caractères plutôt que de camper des stéréotypes.

Les acteurs jouent de jeunes adultes bien de leur époque avec ce que cela implique de complications, de tourments, de forces et de faiblesses, sans jamais tomber dans la caricature, sans jamais être trop ados-immatures attardés dont on nous bombarde depuis quelques années (Les Invincibles par exemples ou toutes ses rom-com avec Matthew McConaughey). Joseph Gordon-Levitt y va d’une autre excellente prestation, d’ailleurs le film repose sur ses épaules puisqu’il s’agit de son point de vue, de sa version de cette rupture avec Summer, cette histoire qui s’échelonne sur 500 jours où l’on passe du passé au présent, du jour 200 au jour 3 au jour 496… Zooey Deschanel joue encore cette femme cute au grand yeux hypnotisants couleur de ciel. Son personnage est peu deévelloppé, mystérieux, parfois imcompréhensible dans ses actions, parfois frustrant mais il en est ainsi pour l’importance de l’histoire et non par lacune des scénaristes ou du réalisateur. On ne l’a saisit qu’à la toute fin et il nous paraît évident que Tom ne la connaissait pas ou dumoins la connaissait moins qu’il ne le croyait, ce qui fait que du même coup, le spectateur ne la sasit pas non plus puisque le film est raconté du point de vue de Tom.

On a aussi droit dans ce genre de film, au amis du protagoniste qui en temps normal devrait être des garçons stupides et immatures qui n’on rien compris à la vie, qui habitent avec leur copine de façon soumise ou qui flirtent sans grand succès ou bien qui finissent par coucher avec la meilleure amie du personnage principale féminin malgré leur différents (comme dans Cashback par exemple, autre film qui traitait de la rupture amoureuse de façon poétique). Ici, les deux amis qui ont la tâche d’apporter une touche humoristique ne sont jamais stupide et immature comme on pourrait le penser. Il faut féliciter Webb pour nous avoir servie des personnages qui ne tombent pas dans la facilité et qui ne créent pas de rupture de ton.

Le film se termine de façon déchirante mais avec une note d’espoir. Il apporte de plus, une dimension qui n’est pas souvent traité dans ce genre de film détruisant ainsi le mythe hollywoodien du « happy ending ».

Là où le film est moins réussi, c’est au niveau du scénario. Pas qu’il soit mal écrit mais malgré le nombre de trouvailles, le film film est rempli de lieux communs : Tom qui travaille dans un boulot merdique, saute sa coche et termine ses études, etc…On a droit à une suite de scènes déjà vu qui côtoient des moments plus originaux et on aurait voulu que le film en soit ainsi, pas de clichés que de l’originalité. C’est que plusieurs idées du scénario ne sont pas aboutis ou peu développés au point où ils semblent qu’apparaître comme un flash pour ensuite disparaître sans qu’on en fasse quoi que ce soit de satisfaisant. Par exemple, la scène où des images de Summer défilent à l’écran avec Tom en voix off qui se rappelle ces doux moments, ces images finissent par revenir à la fin avec Tom en voix off toujours, qui ne se les remémore pas de la même façon. Cette scène existe mais ne fait que passé on aurait voulu une meilleure explication de certaines images, de certains souvenir, si on joue avec la mémoires et les souvenirs de cette façon, il faut pouvoir assumer jusqu’au bout nos idées. Le problème est là, les scémaristes n’ont pas assumer leur idées jusqu’au bout. La scène du party où, à l’aide d’un split screen, on peut apercevoir à la gauche les attentes de Tom et à la droite la réalité, est une excellente idée, mais il n’y a rien qui se produit de marquant dans cette scène, en fait oui mais comme tout est mal agencé et qu’il n’y a pas d’assez grosse différence entre les deux réalités, on finit par perdre intérêt et par le fait même on oublie sa fonction. Le film est rempli de scènes non achevées dans ce genre. Webb a su gardé un ton réaliste à ces scènes mais c’est au niveau du scénario qu’elles ont été mal construite ou non assumée jusqu’au bout. Eternal Sunshine Of The Spotless Mind, le dernier grand film d’amour, n’avait pas ce problème, il assumait ses trouvailles et les poussaient au bout pour mieux comprendre les états d’âmes des protagonistes, les enjeux, la vision du réalisateur et du scénariste et se permettait même de philosopher sur les relations hommes-femmes. D’accord Webb n’est pas Gondry et Neustatder et Weber ne sont pas Kaufman mais (500) Days Of Summer n’est pas à la hauteur des attentes à cause de son manque d’intégrité et sa phobie de se prendre trop au sérieux et c’est dommage car le film à quelque chose à dire.

Autre point faible c’est cette narration Amélie-Poulain-esque inutile, sauf peut-être à la toute fin où on aurait dû s’en passer et trouver une autre façon d’expliquer les actions et le changement de comportement de Tom suite à sa réalisation de son échec amoureux.

(500) Days Of Summer n’est pas un mauvais film, il est sympathiques et touchant il n’est tout simplement pas le Love Story du 21e siècle (Aussi minable que soit Love Story, il fut important à son époque). Donc, le film de Marc Webb n’est pas le film d’amour de cette nouvelle génération de jeunes adultes mais sa fraîcheur, sa franchise et son honnêteté dans sa façon de concevoir le couple de la jeunesse d’aujourd’hui, en font un bon candidat pour devenir la référence du futur chef-d’œuvre du genre. Son obsession à vouloir être différent et franc dans un genre saturé de films interchangeables et peu intéressant, lui donne la force d’ouvrir une nouvelle voie à la comédie romantique hollywoodienne et ça c’est un exploit. On attendra avec impatience le prochain film de Marc Webb derrière la caméra en espèrant qu’il traite des mêmes thèmes avec autant de fraîcheur.

Sunday, August 2, 2009

Future of the Left


Il est de plus en plus rare d’être excité à la venue d’une sortie d’album. À moins que l’on soit un fan finit de Hannah Montana ou de Jonas, il est plutôt rare d’attendre une sortie avec impatience mais il est encore plus rare que nos attentes soient satisfaites.

Rien depuis la sortie de l’album éponyme de The New Year en septembre dernier ne m’avait rendu si impatient au point de téléphoner dans toutes les succursales d’Archambault et autre HMV pour être sûr de mettre ma main sur une copie du nouveau Future of The Left.


Il faut dire que je fais partie des gens qui ont pleuré lorsque McLusky s’est dissout en 2004. Shooting At Unarmed Man, le nouveau/ancien projet de Jonathan Chapple n’a jamais été aussi excitant, rentre dedans et jouissif que McLucky Do Dallas, par exemple. C’est du côté d’Andrew Falkous, chanteur, tête pensente de la défunte formation et sosie de Scott Lucas quand il a les cheveux long ou de Robbie Williams quand il porte les cheveux court qu’il fallait élever nos attentes si celui-ci osait se remontrer le bout du nez avec un nouveau groupe.

En 2007, Future of the Left, formé de Falkous de Jack Egglestone et Kelson Mathias de Jarcrew, sort Curses! Un bon album rock où Falkous troque parfois la guitare pour le clavier donnant des résultants intéressants mais un peu brouillon pas aussi éfficace que lorsqu’il joue de sa guitare et qu’il use de sa voix, que dis-je, son cri pour nous rocker les tympans comme sur le classique Small Bones, Small Body ou Manchasm. Falkous n’a pas perdu son penchant pour l’ironie.

Voilà, Future of the Left nous arrive avec Travels with Myself and Another et ils nous assoment avec une brique sur la gueule. Il s’agit sans aucun doute du meilleur album de l’année dont les gens ne parleront pas. 12 chansons drôles, ironiques, décapentes qui torchent. L’ensemble est beaucup plus cohérent que sur l’album précédent et le groupe semble avoir trouvé sa voie et réussi à nous faire oublier les comparaisons inévitables avec McLusky. On peut désormais prendre Future of the Left pour se qu’ils sont, une continuation dans la carrière de Falkous et compagnie