Saturday, February 27, 2010

Shutter Island


Martin Scorsese est un grand fan de série B.

Chaque fois qu’il s’essai au style (Cape Fear) on peut voir son amour pour le genre, sa connaissance approfondi des clichés et des règles. Par contre, chaque fois qu’il s’essaie au style, il en ressort toujours avec un de ses moins bons films.

Peut-être parce que justement il connaît tellement bien les règles et rudiments du genre que son film à plutôt l’air d’un pastiche ou d’une peinture à numéro. Peut-être aussi, comme c’est le cas avec Shutter Island, le matériel est inférieur aux talents de Scorsese. Le scénario, basé sur un roman de Denis Lehane, est assez moyen, si bien que la réalisation béton est en avance sur le récit et du coup, on connaît non seulement les enjeux du films mais également son parcours et ce, après les 18 premières secondes du film. Le film nous traine vers une conclusion qu’on comprend depuis tellement longtemps que l’on ne peut qu’admirer la réalisation et la trouver nettement supérieur au scénario beaucoup trop faible. Les dialogues explicatifs et mystérieux en début de parcours sentent trop le ''je-fais-attention-pour-ne-pas-trop-en-dire-tout-en-en-révélant-beaucoup-trop-parce-que-je suis-sur-mes-gardes-mais-en-même-temps-pas-vraiment".

Il ressort du film un ton « série B policier » des années 1950 où les dialogues explicatifs pourraient être jouissifs si le film avait été fait justement dans les années 1950 ou si Scorsese avait joué le jeu jusqu’au bout en le tournant en noir et blanc et donnant à son film un aura « d’hommage », un peu comme Soderbergh avec The Good German. Shutter Island à l’air d’un film des années 1950 mais tourné en 2010, ce qu’il est, mais du coup, le film paraît un peu naif, puisqu’il semble avoir une sensibilité du passé mais fait avec une mentalité actuelle. Le film a énormément de difficulté a créer la surprise et peut paraître un peu dépassé si ce n’était de la beauté des images et de la maitrise de la réalisation.

Même si la finale est (trop) prévisible, il est tout de même intéressant de voir que l’enjeu du protagoniste est ailleur, que sa quête se termine differement de ce que la finale (typiquement)explicative nous laisse entrevoir et ce malgré l’insistance de Scorsese sur l’image finale, un long plan suggestif pour bien nous faire comprendre la patente, un peu comme la finale de The Departed avec cette image insultante du rat sur la rampe. Soulignons ce qui est évident.

Les acteurs sont convaincants s’ils avaient joué dans un film des années a 1950. Ici, Emily Mortimer, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Max Von Sydow et Patricia Clarkson jouent tous de façon anachronique. DiCapichette, toujours bon, n’a jamais le physique de l’emploi lorsqu’il joue pour Scorsese. Excluant The Departed, il avait l’air trop jeune dans Gangs Of New York, n’avait pas la carrure ni la grandeur requise pour jouer Howard Hughes dans The Aviator et ce malgré l’ajout risible d’une moustache à-la-Beastie-Boys, période Sabotage.

Dans Shutter Island, on peut admirer l’intensité de DiCapichette mais jamais il n’est crédible physiquement. Surtout lorsqu’il donne des ordres à Ruffalo, acteur plus vieux et physiquement plus vraisemblable en policer à redingote et chapeau que ne peut l’être Dicapichette.

Le film se laisse tout de même regarder grâce à une musique ambiante et une atmosphère dérangeante, un effet paranoïde palpable et une mise en images sublime. Scorsese peut faire beaucoup mieux s’il a un meilleur matériel scénaristique. Elle est loin la période plus payante et enrichissante artistiquement du tandem Martin Scorcese-Robert Dinero.

Wednesday, February 10, 2010

Les 7 jours du Talion


Les 7 jours du Talion est une 3e adaptation à l’écran d’un roman de Patrick Sénécal et de loin la meilleure. Il s’agit également de la première adaptation sans les services de Nicolas Canuel devant lacaméra. Autant dire que son absence donne un gage de qualité à l’œuvre. Merci Nicolas!

Les 7 jours du Talion n’est pas un film d’horreur à la Saw, Hostel, Captivity et autre truc gore du genre The Hills Run Red, Eden Lake ou Guinea Pig, films où le seul but est de montrer une suite de scènes dégueulasses pour faire bander les adolescents en manque de sensation forte. C’est que dans ce genre de film le spectateur se fout des enjeux, des thèmes ou du message si message il y a. Tout ce qui compte c’est la « coolité » des images et si la face-de-la-fille-va-se-faire-écrapoute-avec-la-scie-à-chaine-dans-le-compresseur-à-déchets-rempli-de-dynamites-sur-le-haut-d’un-volcan-en-ébullition.

Le film de Podz est loin de tout ça. Même si la violence physique est aux limites de l’extrême, elle n’est jamais gratuite puisqu’elle plonge le spectateur dans les tourments internes de Bruno Hamel, joué magistralement et intensément par Claude Legault. Le spectateur est plongé, grace à une mise en scène froide (un peu trop), dans une joute psychologique intense où la ligne devient mince entre le désir de vengeance, la morale et l’incompétence de la justice.

Les 7 jours du Talion n’est pas un film pour tout le monde mais il a l’avantage de s’assumer du début à la fin et ne cherche en aucun cas à choquer ou provoquer artificiellement le spectateur. Au contraire, il est un film à voir parce que Podz, ne nous fait jamais la morale, parce qu’il agrippe le spectateur ne le laisant jamais indifférent devant les faits et gestes de Bruno Hamel et parce que le film n’est jamais condescendant.

Les dialogues sont au strict minimum et on en apprend plus sur les personnages de cette façon que s’ils avaient parlé sans cesse. Les images aident à sentir la force des personnages ou leur tourment. Les quelques faiblesses du film sont pratiquement effacer par la puissante prestation des acteurs. Rémy Girard est solide même si son rôle de policier est beaucoup trop littéraire. Il est tout de même utile symboliquement. Martin Dubreuil doit se contenter de dialogues Sénécal-esque, comme Grondin dans 5150, rues des Ormes. Des dialogues du genre : « Fuck you, man! » ou « Fuck off, ’stie! » qui relèvent plus du cliché de l’homme séquestré, que de la réalité.

Loin de Ransom ou Death Wish où un homme se fait justice, Les 7 jours du Talion est un film qui a compris les thèmes et enjeux du roman et les transpose à l’écran de façon convaincantes, sans artifices, de façon simple. Les 7 jours du Talion est, on l’espère, le film qui mettra fin au genre « torture porn » qui envahi un peu trop nos écrans.

Monday, January 25, 2010

The Book Of Eli


Dans un article paru récement je ne sais où, on discute du retour  du film « à saveur Chrétienne » comme Légion, The Lovely Bones et The Book Of Eli, comme  si ce sous-genre était disparu depuis le succès de The Exorcist et autre The Omen, alors que plusieurs films on des sous-thèmes théologiques. Comme si le sous-genre renaissait de ses cendres après 30 ans alors que des films comme The Passion Of The Christ, Signs ou The Order ou même Dan Brown’s Da vinci Code ont comme sous-thème, la chrétinisme, et ce de façon subtile.

            La différence entre The Book Of Eli et The Exorcist par exemple, c’est que le film de Friedkin peut être vu, lu et/ou compris d’une autre façon que de par les thèmes religieux qu’il aborde alors que le film des frères Hughes ne nous laisse jamais le choix, aucun second degré juste un gros marqueur gras qui souligne son propos de façon assez incohérente mais surligné tout de même pour être bien sûr que le spectateur comprenne. Gregory Peck dans The Omen est un athée alors peu importe s’il croit aux miracles de Jésus puisque pour lui, son combat se situe ailleur. Le spectateur, croyant ou non, prend pour Peck ou Regan dans The Exorcist ou Jennifer Beals dans The Prophecy. Autrement dit le spectateur, croyant ou non, peut prendre plaisir à écouter ces films sans ressentir la pression de Jésus sur lui qui lui dit : crois, mon ami(e), c’est la seule solution. The Book Of Eli, c'est une autre histoire….

            Il n’est pas évident de discuter du film The Book Of Eli sans trop raconter les surprises (bonnes ou mauvaises) du film. Deux choses sont sûres, les frangins, athées, n’ont décidement pas la même vision que Denzel ou le scénariste et le film est moins subtitle que ne pouvait l’être Battlefield Earth.

            En voulant éviter les clichés du film post-apocalypse, les frères Hughes n’ont travaillé que leur image, belle mais sans plus alors que tout le reste sort directement du catalogue du « Parfait post-apocalypse au cinéma » : sable, pénurie, d’eau, méchants motards habillés de cuir et de préférence avec une sale gueule, troc remplaçant la monnaie, sans oublier le méchant mégalomane, etc… Plus de style que de substance en fait et c’est ce qui fait tripper les deux réalisateurs alors qu’il laisse le scénario s’engouffrer pour en mettre plein la vue lors des scènes d’actions stylisés, à la limite du cartoonesques qui ne sied pas très bien avec le reste du film.

            Le film apporte plusieurs pistes typiques au film post-apocalyptique pour ne jamais se concentrer sur aucune d’elle et change tout simplement de but en milieu de parcours. Ce qui commence comme un film d’action où le héro doit protéger un livre aux dépends de sa vie, se termine par une poursuite pour mettre la main sur se fameux livre (la Bible), qui doit changer la face de l’humanité. À en juger par ce qui arrive au livre, il est bien évident que les frères Hughes en ont rien à foutre. Alors que la pillule est dure à avaler puisqu’en deuxième partie du film, on nous tape sans cesse sur la crâne avec un marteau pour nous dire que : la Bible, c’est bien, Jésus est beau, la Bible est la chose la plus importante du monde, etc…

            Gary Oldman joue le méchant de service qui veut dominer le monde. On sait qu’il est vraiment méchant car il lit une biographie de Mussolini. Et on sait qu’il aime lire puisqu’il le répète environ 6 ou 7 fois. En croyant nous aventurer dans un film où la lecture est la richesse du futur, voilà que le film se transforme en simple quête pour obtenir un livre que Oldman sait exister sans en savoir le titre. Il sait qu’il peut contrôler le peuple avec les écrit de ce livre mythique, etc…

            Le problème avec tout ça et avec la finale c’est qu’en plus d’essayer de nous recruter dans la christianninnité, le scénariste tire très fort de son côté alors qu’il est évident que les deux réalisateurs ne s’entendent pas sur le message ou la conclusion et tirent de leur côté. On a donc droit à une suite d’illogismes, de questionnement ou de contadictions. Qui fait en sorte que le film se veut épique tout en cachant de façon non subtitle ses intentions de nous convertir.

            Les frères Hughes cachent très mal leur jeu, car le côté divertissant et plein de fusillades cartoonesque (qui semble hors propos au film) n’arrive pas à cacher le côté mystico-religio-chrétienno-biblique insultant, en plus de toutes les contradiction que la finale apporte. Le spectateur ne peut prendre position tellement on lui explique tout de façon suffisante.

            C’est le genre de film où Denzel Washington est tellement protecteur de son livre qu’il le lit, le soir, avec une bougie, acroupie dans le coin d’une chambre. C’est aussi le genre de film que le spectateur se surprend à vouloir écouter, accroupie, dans un coin, honteux…

Wednesday, January 20, 2010

The Lovely Bones


Les adaptations de roman sont légion au grand écran (il y avait, juste avant la projection de The Lovely Bones 2 bandes-annonces d’adaptation d’un roman de Nichola Spark, 2 romances pédophiliques, l’année va être longue…). Il y a toujours cette peur qu’un film trahis notre roman préféré (Choke, damn you Clark Gregg!), que le réalisateur n’y ai pas vu ou ressenti les mêmes choses que nous lors de la lecture du roman, etc… Il y a aussi les adaptations ratés (Dune, Blindness, etc), les plus réussies (Fight Club, L.A. Confidential, Out Of Sight, etc). Il y a aussi les adaptations dont le film a plus de notoriété que sa source (Straw Dogs, Parallax View, Coma, Jurassic Park, American Psycho, etc), les adaptations plus personnels (A Guide To Recognizing Your Saints, A Heart Is A Deceitful Above all Things, etc) et il y a les adaptations dont on en a rien à foutre (Marc Levy, Dan Brown, Nichola Sparks,Guy Ritchie (S’il était romancier, il se retrouverait dans cette catégorie)). The Lovely Bones est une chose étrange, comme un amalgame de toutes ces catégories et moins encore…

Premier film de Peter Jackson depuis King Kong en 2005, The Lovely Bones est un petit film qui se veut personnel et bénéficiant d’un budget de 100 millions de $$. Il s’agit du film le plus intime et intimiste de Jackson depuis Heavenly Creatures. Il s’agit également de son pire film. The Lovely Bones a sa place dans l’œuvre de Jackson, dumoins le roman à quelque chose de Jackson-esque, le film, c’est une autre histoire.

Il y a quelque chose d’extrêmement raté dans le film. Un sentiment de ratage à plusieurs niveaux. Le film alterne maladroitement entre le paradis d’où Suzie observe ses parents et la maison familliale où la famille de Suzie fait le deuil de son décès. Une alternance entre une imagerie symbolique lourde et ultra-kitsch et des scènes familiales brèves, froides, à l’esthétique un peu dépassé qui donne un ton très « after school special ». Jamais il ne réussis à créer ne serait-ce qu’un peu d'empathie pour ses personnages. Les acteurs y jouent de façon convaincante mais leur interaction ne le sont tout simplement pas. Le message optimiste et plein d’espoir du roman d’Alice Sebold est complètement effacé, au pire, effleuré. C’est à se demander ce que Jackson veut bien nous dire ou ce qu’il a bien pu y voir dans le roman.

Le film prend une bonne heure avant de trouvé un semblant de rythme et tombe à plat dans une finale anti-climatique et expéditive dure à avaler. Comme s’il avait fallu un autre 60-70 minutes pour régler le(s) problème(s) aux déjà trop longue 135 minutes que durent le film.

On ne comprend jamais les intentions de Suzie à vouloir rester dans son paradis, pas plus que l’on comprend la dynamique familliale tellement celle-ci est effleuré ne laissant que de simple scènes clichés qui ne font avancer l’action de façon artificielle et risible. De plus, l’humour de certaines scènes semble anachronique. Comme si le fait de situer le film dans les années 1970 justifiait l’utilisation d’un humour très Kramer vs Kramer où les scènes touchantes sont relevé d’un humour bon-enfant-plein-d’amour-parental-cucul.

Les scènes sont d’un kitsch qui fait grincer les dents et les scènes au Paradis sont souvent incompréhensible et pas aussi pitoresques, intéressantes ou symboliques que ne le croit Jackson à défaut de What Dreams May Come par exemple où Vincent Ward avait su nous captiver dans son Paradis et son Enfer tout aussi symbolique mais moins lourd de sens.

En voulant raconter une histoire, Jackson s’est un peu perdu et ne raconte rien. Narration, scènes oniriques, scènes dramatiques sont agencées de façons incompréhensible et la linéarité du récit en prend un coup tant le film jongle entre des fragments de personnages qui ne finissent jamais qu’être un résumé d’eux-même et de leur action stéréotypés. Les mouvement de grues et les gros plans deviennent extrêmement pesants et prétentieux sur le spectateur.

Au final, Jackson ne trahi pas le roman de Sebold, mais en coupant certains passages (adultère de la mère, deuil du voisinage, meurtre) et en raccourssissant au strict minimum certaines partie, il croit arriver au même résultat alors qu’à la toute fin il passe à côté de la morale tout en la surexplicant. Étrange….

Monday, January 4, 2010


Paranormal Activity est un film qui malgré une ou deux scènes fortes, est probablement le plus manipulateur à avoir vu le jour cette année. Il manipule le spectateur malgré lui car le réalisateur n’a pas le savoir faire de ses ambitions et ne sait visiblement pas comment conclure un film et par le fait même mener à terme une simple idée.

À la base l’idée du film est bien simple, un couple croyant avoir la visite de fantômes la nuit décide de se filmer lorsqu’ils dorment. Dans la lignée du grand cinéma comme Blair Witch Project et autres C’est arrivée près de chez vous, films imparfaits qui assument jusqu’au bout leur idée de départ, Paranormal Activity épouse le concept du « film-trouvé-et-où-l’on-a-jamais-revus-les-protagonistes ». C’est arrivé près de chez vous et Cannibal Holocaust utilisait ce concept sans trop le prendre au sérieux alors que la campagne de promotion de Blair Witch Project était basée uniquement là-dessus. Blair Witch Project est un film beaucoup plus réussi puisque tout au long on a l’impression d’y voir les images retrouvées d’une bande de jeunes perdus dans la forêt et ayant terriblement peur. De plus, la mise en situation permet de comprendre et évite de surexpliquer ce qu’ils leur arrive ou pourquoi ils filment ce qu’ils filment.

Paranormal Activity n’a rien de tout ça, dès le début on explique pourquoi on filme, comme si le réalisateur s’était dit qu’il fallait être clair mais voilà, il doit l’expliquer et ces explications finissent par prendre le bord à mesure que le film avance puisque qu’à la base le couple ne cherche qu’à avoir des preuves de leurs visites nocturnes alors qu’on y filme également certaines disputes conjugales. Ce qui a pour résultat de ne pas être crédible du tout. Si on joue la carte du « found footage » les images que l’on voit ne doivent pas être monté et si on joue le jeu du « on filme la nuit pour avoir des preuves » pourquoi y voit-on des disputes conjugales artificielles pour créer un semblant de drame cinématographique. Que dire de cette scène où (SPOILER!!!!!) le jeu de Ouija prend en feu. Mis à part l’effet de peur qu’il suscite dans le film cette scène est ridicule puisque le couple se filme la nuit seulement alors que là, la caméra est dans le salon et le couple est sortie pour la soirée. De plus, une fois qu’ils ont des preuves qu’un visiteur leur rend visite la nuit, genre (SPOILERS!!!!) la porte s’ouvre et se ferme ou la femme se fait tirer par le pied sur plus de 20 mètres par un être invisible, pourquoi vouloir continuer habiter dans cette maison. Que font-ils avec ces preuves puisqu’ils ne les montre à personne et reste à la maison en réussissant toujours malgré tout à s’endormir.

Mais là où le bas blesse c’est dans la conclusion où le film ne sait visiblement pas où aller, quoi faire, etc… Alors il insulte l’intelligence en créant une sois-disant intrigue copié sur The Exorcist allant même jusqu’à y inclure la scène du crucifix dans le vagin. Ses scènes sont filmé de façon très peu convaincante mais en plus ELLES SONT FILMÉS!! Pourquoi voudrait-on y mettre ces scènes dans le film si à la base ce n’est pas une fiction. Tout est donc très scénarisé pour amener le spectateur et le manipuler de façon artificielle vers une conclusion risible qui détruit le peu de crédibilité que le film avait à la base.

Le film contient une ou deux bonnes scènes mais le tout est trop artificielle pour que l’on puisse y croire. L’accumulation de cliché n’aidant pas. Paranormal Activity est rempli d’invraisemblances et de stupidités qui au-delà des 3 sursauts qu’il peut causer nous empêche d'y croire et par le fait même d'avoir peur. Le réalisateur improvise au fur et à mesure que le film avance rendant l'idée de base caduque et s'éparpillant en rendant difficile à croire cette idée plus simple qu'elle n'y parait tellement la surexplication complique tout pour un effet facile et manipulateur.

Sunday, January 3, 2010

The Imaginarium Of Doctor Parnassus


Terry Gilliam est probablement le cinaste connu le plus malchanceux. Homme créatif, têtu et au tempérament colérique, Gilliam à plus d'une fois frôlé la catastrophe dans sa carrière.
Habitué aux budgets modeste avec Jabberwocky, Time Bandits et surtout avec les Monthy Pythons, sa méga production Brazil failli ne jamais sortir sur les écrans tant la guerre qui éclata entre Gilliam et Sid Sheinberg, directeur de la Universal à l'époque, pris des proportions homériques. Sheinberg voulait un remontagegrand public du film alors que Gilliam défendait la créativité et la vision de son oeuvre au dépend d'un happy-ending inutile.
Des problèmes d'un autre envergures prirent d'assault les plateaux de son film suivant The Adventures Of Baron Munchausen, production gigantesque qui finira par coûter le double du budget prévu à cause d'accumulations d'incompétences de l'équipe de production en plus des vols, pot-de-vin, et autres magouilles financières. Gilliam eu un moment de répit jusqu'à son adaptation de Don Quixote qui fut avortée suite à des glissements de terrainqui détruisirent le plateau de tournage et d'une crise cardiaque qui amena Jean Rochefort, acteur principal, à l'hôpital en début de production.
The Brothers Grimm fut remonté pour plaire à un public jeune qui adore Matt Damon et Heath Ledger, ;es acteurs principaux. Gilliam perdi le contrôle du film et alla exorciser ces démons avec Tideland, film qui ne sortie jamais sur les écrans sauf dans les festivals. Avec The imaginarium Of Doctor Parnassus, Gilliam, refait Tideland en y incluant tout ses thèmes de prédilections et tout son savoir-faire imaginatif. Mais voilà que la star du film décède avant la fin du tournage.... Décidement Gilliam est tombé dedans étant petit.
Ayant toujours démontré un incroyable imaginaire et un sens créatif et de l'image toujours au service de scénarios loufoques, et complètement disjonctés, son nouveau film est tout ce qui a de plus réussi. Gilliam est donc en forme comme jamais et ce malgré les embûches.
The Imaginarium... ressemble à un croisement entre Tideland, The Fisher King et une peinture de Dali. Bien que Gilliam se soit toujours bien débrouillé avec des maquettes et des décors, il utilise ici des CGI et des écrans verts vriament convaincant et qui sied merveilleusement au monde crée par l'imaginaire du Docteur Parnassum et par le fait même crée par Gilliam.
Gilliam laisse aller son imagination au maximum et son film est rempli d'idées géniales. Il est porté par des acteurs bien dirigé et y personiffiant des êtres étranges àla limite de l afolie ou du génie, cette ligne mince, caractéristique du personnage Gilliam-esque et thème de prédilection de son cinéma.

Au final, le film n'est ni le meilleur, ni le pire de la filmographie de Terry Gilliam, il est encore mieux que ça, il est la continuation d'une oeuvre qui s'échellone depuis plus de 40 ans et qui n'a jamais cessé de nous émerveiller.

PS pour ce qui est du remplacement de Heath Ledger par Depp, Law et Farrel qui y joue des variations différentes des facettes du personnages incarné par Ledger, dison que l'effet est réussi. Réussi car il s'intègre bien à l'histoire. Par contre le seul bémol c'est qu'à chaque fois, le film porte un peu trop attention à lui-même et fait un peu décrocher le spectateur qui ne peut faire qu'autrement que d'y voir une "gimmick".

Monday, November 16, 2009

Un ange à la mer


Un ange à la mer est un film d’une tristesse et d’une détresse incroyable, où les protagonistes ont tous une telle impuissance face aux évènements et pourtant le film de Frédéric Dumont est l’un des plus beau sorti cette année.

L’histoire de ce garçon (Louis) qui doit garder le secret des intentions suicidaires de son père est bouleversante. Même si le film n’offre aucun signe d’espoir et ce malgré la beauté des paysages ensoleillés du Maroc, les liens qui se forment entre Père et Fils sont prenantes. Louis espionne son père du haut d’un citronnier, dans le coffre de sa voiture ou tout simplement en s’endormant devant la porte de son bureau, pour ne pas qu’il commette l’irréparable. Les scènes entre les deux où Gourmet ose sortir de son bureau sombre sont tout à la fois touchantes, tristes, absurdes (la noyade d’un chaton), pleine de vie et terriblement frustrantes puisque éphémères. Le spectateur ne peut faire autrement qu’être frustré aussi devant les malaises et l’inutilité que peuvent vivrent les protagonistes devant la situation. Que se soit l’infidèlité de la mère, les crises de colère du père et la détresse de Louis. La scène où il doit réciter un poème devant un audience et qu’il se met à beguayer, béguement qui apparaît de nul part suite aux confidences de son père et qui l’empêchera de communiquer, nous crève le coeur.

La musique, de Luc Sicard, jamais miélleuse, est incroyable et ne dicte jamais nos émotions, elle est plutôt complémentaire aux magnifiques images de Virginie Saint-Martin créant ainsi une expérience sensoriel incroyable. Un film comme il s’en fait peu et cela est tout en son honneur. Un peu comme un Léolo, plus intime, plus personnelle, moins trash.

Gourmet et Nissens sont non seulement juste mais rearquablement touchant, sans fausses notes. Nissens d’ailleurs nous arrache les larmes des yeux et Anna Consigny, en mère impuissante devant le drame est également bouleversante. Co-production Belge-Québec oblige, on a donc droit à une apparence, une ligne de dialogue et un sourire de Louise Portal et un je-m’en-foutisme-typique de Pierre-Luc Brillant qui comme à son habitude nous laisse perplexe quant à son talent, son amour du métier tellement il se la joue toujours je-m’en-câlisse-mais-c’est-parce-que-j’ai-une-barbe-et-un-attitude-de-marde-de-rock-star-déchu. Pierre-Luc Brillant dans le rôle de Pierre-Luc Brillant, donc. Mais rassurez-vous, sa performance d’inadapté social ne gâche en rien ce très grand film poétique.

Dumont nous donne un film personnel d’une grande beauté malgré la négativité des sentiments et il nous offre par le fait même un œuvre pleines d’émotions. Un film où émotion, musique, images, poésie et acteur crée un tout cohérent et où le spectateur ne peut faire autrement que s’impliquer émotionnellement tout naturellement, sans artifice de la part de Dumont. Un film qui sans prendre de risque, se permet d’être différent et sans prétention. Dumont nous prouve qu’il y a un autre cinéma français que celui fade et stérile que l’europe nous présente depuis quelques années.